{"id":289587,"date":"2024-06-19T12:55:11","date_gmt":"2024-06-19T10:55:11","guid":{"rendered":"https:\/\/innerfrench.com\/?p=206498"},"modified":"2025-09-25T08:53:57","modified_gmt":"2025-09-25T06:53:57","slug":"147-peut-on-encore-ecouter-de-la-musique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/innerfrench.com\/147-peut-on-encore-ecouter-de-la-musique\/","title":{"rendered":"#147 Peut-on encore \u00e9couter de la musique ?"},"content":{"rendered":"\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6f79\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:00:03', ts_id:'6927c748b6f79', play_icon:'' }) ;\">[00:00:03]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9pisode 147 : Peut-on encore \u00e9couter de la musique ?<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6f90\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:00:12', ts_id:'6927c748b6f90', play_icon:'' }) ;\">[00:00:12]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Salut \u00e0 toutes et \u00e0 tous. J&#8217;esp\u00e8re que vous allez bien. Je suis ravi de vous retrouver pour un \u00e9pisode en solo. D&#8217;autant plus qu&#8217;aujourd&#8217;hui, on va parler d&#8217;un sujet qui me tient \u00e0 c\u0153ur. Ce sujet, vous l&#8217;avez entendu, c&#8217;est la musique. Et j&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 de vous en parler parce que vendredi, le 21 juin, ce sera le premier jour de l&#8217;\u00e9t\u00e9, mais aussi le jour de la F\u00eate de la Musique. C&#8217;est une f\u00eate qui est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans une centaine de pays. Donc, statistiquement, il y a de grandes chances que vous la f\u00eatiez vous aussi.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6f99\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:00:48', ts_id:'6927c748b6f99', play_icon:'' }) ;\">[00:00:48]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>En France, on la c\u00e9l\u00e8bre depuis 1982. C&#8217;est le ministre de la Culture de l&#8217;\u00e9poque, Jack Lang, qui a instaur\u00e9 cette f\u00eate de la musique. Et concr\u00e8tement, \u00e0 quoi \u00e7a ressemble ? Il y a des concerts un peu partout, dans les bars, sur les places. Et pour les jeunes, c&#8217;est surtout l&#8217;occasion de picoler. Alors, un premier mot de vocabulaire, ici, le verbe \u00ab picoler \u00bb, \u00e7a signifie boire de l&#8217;alcool. C&#8217;est un verbe plut\u00f4t informel. Ce n&#8217;est pas vulgaire, mais c&#8217;est informel. Moi, je me souviens quand j&#8217;\u00e9tais au lyc\u00e9e, la f\u00eate de la Musique, c&#8217;\u00e9tait l&#8217;occasion de retrouver mes amis, de errer dans les rues de ma ville, Ch\u00e2teauroux, et de picoler, de boire de l&#8217;alcool avec mes amis en assistant \u00e0 des concerts qui n&#8217;\u00e9taient pas toujours de tr\u00e8s grande qualit\u00e9, mais bon, en g\u00e9n\u00e9ral, c&#8217;\u00e9tait une ambiance plut\u00f4t conviviale et j&#8217;en garde de super souvenirs.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fa0\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:01:52', ts_id:'6927c748b6fa0', play_icon:'' }) ;\">[00:01:52]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et pour moi, c&#8217;est \u00e7a la musique. La musique, c&#8217;est avant tout une exp\u00e9rience. En \u00e7a, eh bien, \u00e7a ressemble \u00e0 la fa\u00e7on dont les gens \u00e9coutaient de la musique il y a de nombreux si\u00e8cles. Bah oui, on peut se poser la question : comment les gens faisaient pour \u00e9couter de la musique avant qu&#8217;on ne puisse l&#8217;enregistrer ? Eh bien, ils insistaient \u00e0 des carnavals, \u00e0 des c\u00e9l\u00e9brations publiques dans lesquelles il y avait souvent des groupes de musiciens qui venaient jouer de la musique pour le divertissement g\u00e9n\u00e9ral. Ils \u00e9coutaient aussi de la musique lors d&#8217;\u00e9v\u00e9nements religieux, par exemple au moment des messes. C&#8217;est vrai que la musique faisait partie int\u00e9grante des c\u00e9r\u00e9monies religieuses. Et puis, pour les personnes plus ais\u00e9es, les personnes qui avaient plus d&#8217;argent, eh bien, elles pouvaient aussi \u00e9couter de la musique en assistant \u00e0 des concerts, en allant \u00e0 l&#8217;op\u00e9ra, en allant \u00e0 diff\u00e9rents types de spectacles dans lesquels il y avait des musiciens et des orchestres. Et d&#8217;ailleurs, pour une partie de ces familles ais\u00e9es, que ce soit la noblesse et puis plus tard, la bourgeoisie, l&#8217;apprentissage de la musique, c&#8217;\u00e9tait quelque chose d&#8217;important. On obligeait les enfants \u00e0 apprendre \u00e0 jouer d&#8217;un instrument. \u00c7a faisait partie de ce qu&#8217;on consid\u00e9rait \u00eatre une bonne \u00e9ducation. Et \u00e9videmment, c&#8217;est quelque chose qu&#8217;on a toujours aujourd&#8217;hui.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fa6\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:03:25', ts_id:'6927c748b6fa6', play_icon:'' }) ;\">[00:03:25]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Dans tous les cas, la musique n&#8217;\u00e9tait pas enregistr\u00e9e. Elle devait \u00eatre jou\u00e9e par quelqu&#8217;un pour qu&#8217;on puisse l&#8217;\u00e9couter. Mais dans les milieux plus populaires, il y avait aussi la musique folklorique et des chansons que toute la famille chantait, qu&#8217;on chantait ensemble lors d&#8217;\u00e9v\u00e9nements publics et ces chansons \u00e9taient transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration par tradition orale. On les chantait, on les apprenait aux enfants qui les chantaient \u00e0 leur tour et les apprenaient \u00e0 leurs enfants, etc. C&#8217;est comme \u00e7a que les chansons \u00e9taient transmises, les m\u00e9lodies et les paroles \u00e9taient m\u00e9moris\u00e9es et r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fab\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:04:10', ts_id:'6927c748b6fab', play_icon:'' }) ;\">[00:04:10]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Bref, avant qu&#8217;on puisse enregistrer la musique, eh bien, c&#8217;\u00e9tait une exp\u00e9rience, principalement, sociale et interactive. Une exp\u00e9rience dans laquelle il y avait des performances en direct, mais aussi la pratique personnelle d&#8217;un instrument, du chant et l&#8217;utilisation aussi de partitions, autrement dit la musique \u00e9crite, pour pouvoir diffuser et partager des compositions musicales. Heureusement pour l&#8217;introverti que je suis, au XIX\u1d49 si\u00e8cle, on a trouv\u00e9 le moyen d&#8217;enregistrer la musique pour pouvoir l&#8217;\u00e9couter tranquillement chez soi. Le 24 d\u00e9cembre 1877, Thomas Edison a d\u00e9pos\u00e9 le brevet de sa machine parlante. D\u00e9poser un brevet, \u00e7a veut dire prot\u00e9ger une invention. Le brevet, c&#8217;est un document officiel qui d\u00e9crit le fonctionnement d&#8217;une invention et qui permet d&#8217;en prot\u00e9ger l&#8217;auteur. Personne d&#8217;autre ne peut copier et utiliser cette invention.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fb1\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:05:18', ts_id:'6927c748b6fb1', play_icon:'' }) ;\">[00:05:18]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Donc, en 1877, en d\u00e9cembre, Thomas Edison a d\u00e9pos\u00e9 le brevet de sa machine parlante qui s&#8217;appelait le phonographe. C&#8217;\u00e9tait une machine capable d&#8217;\u00e9crire des sons. \u00ab Phono \u00bb, \u00e7a veut dire \u00ab son \u00bb et \u00ab graphe \u00bb, &#8220;\u00e9crire&#8221;, l&#8217;\u00e9criture. Le phonographe permettait d&#8217;\u00e9crire des sons sur un support physique, puis de les reproduire. Et Thomas Edison en a fait une d\u00e9monstration en public dans laquelle il a lu une c\u00e9l\u00e8bre comptine, Mary Had a Little Lamb, et juste apr\u00e8s, il a rejou\u00e9, la machine a reproduit les paroles qu&#8217;il venait de prononcer. Et le public qui a assist\u00e9 \u00e0 cette d\u00e9monstration a \u00e9t\u00e9 m\u00e9dus\u00e9. \u00ab M\u00e9dus\u00e9 \u00bb, c&#8217;est une belle expression qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la mythologie grecque, \u00e0 une gorgone du nom de m\u00e9duse, qui \u00e9tait tellement laide qu&#8217;elle p\u00e9trifiait toutes les personnes qui la regardaient. Donc, quand quelqu&#8217;un est m\u00e9dus\u00e9, \u00e7a veut dire qu&#8217;il est p\u00e9trifi\u00e9 de surprise. L\u00e0, le public qui a entendu le phonographe d&#8217;Edison r\u00e9p\u00e9ter ces mots apr\u00e8s lui a \u00e9t\u00e9 m\u00e9dus\u00e9. Oui, parce que nous, \u00e7a nous semble \u00e9vident, mais il faut se remettre dans le contexte de l&#8217;\u00e9poque, les gens venaient juste de s&#8217;habituer \u00e0 la capture d&#8217;images sur un support physique, la photographie, et maintenant, ils d\u00e9couvraient qu&#8217;on pouvait aussi capturer des sons et les reproduire. Donc \u00e7a, c&#8217;\u00e9tait quelque chose d&#8217;absolument magique.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fb7\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:07:03', ts_id:'6927c748b6fb7', play_icon:'' }) ;\">[00:07:03]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Mais vous savez que je suis un peu chauvin, donc je dois vous dire qu&#8217;avant Thomas Edison, deux Fran\u00e7ais avaient eu cette id\u00e9e du phonographe. La m\u00eame ann\u00e9e, il y avait Charles Cros. Alors, Charles Cros, c&#8217;\u00e9tait ce qu&#8217;on appelle un \u00ab touche-\u00e0-tout \u00bb, une personne qui aimait exp\u00e9rimenter et essayer plein de domaines diff\u00e9rents. Il \u00e9tait po\u00e8te. D&#8217;ailleurs, c&#8217;\u00e9tait un ami de Verlaine et de Rimbaud. Il \u00e9tait aussi musicien, physicien, chimiste et inventeur. Alors, au d\u00e9but de l&#8217;ann\u00e9e 1877, il a d\u00e9pos\u00e9 une lettre \u00e0 l&#8217;Acad\u00e9mie des sciences \u00e0 Paris. Et dans cette lettre, il y avait un document o\u00f9 il d\u00e9crivait le proc\u00e9d\u00e9 d&#8217;enregistrement et de restitution de la voix. Autrement dit, le m\u00eame principe que Thomas Edison a utilis\u00e9 pour son phonographe. Malheureusement, Charles Cros n&#8217;avait pas les moyens de d\u00e9velopper son invention, donc il a simplement d\u00e9pos\u00e9 son document \u00e0 l&#8217;Acad\u00e9mie des sciences. Ce n&#8217;\u00e9tait pas vraiment un brevet, mais c&#8217;\u00e9tait juste une preuve officielle qu&#8217;il avait trouv\u00e9 cette invention. Et \u00e7a, c&#8217;\u00e9tait plusieurs mois, parce qu&#8217;il l&#8217;a fait en avril. Donc, c&#8217;\u00e9tait huit mois avant que Thomas Edison fasse sa d\u00e9monstration publique.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fbc\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:08:31', ts_id:'6927c748b6fbc', play_icon:'' }) ;\">[00:08:31]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Mais ensuite, quand Charles Cros a appris que Thomas Edison avait pr\u00e9sent\u00e9 ce phonographe, eh bien, \u00e7a l&#8217;a mis en col\u00e8re, \u00e9videmment. Il a eu l&#8217;impression de s&#8217;\u00eatre fait voler son invention. Il a voulu la faire breveter aux \u00c9tats-Unis, mais c&#8217;\u00e9tait trop tard. Il a perdu la bataille parce qu&#8217;Edison, avec sa d\u00e9monstration publique, il avait fait un v\u00e9ritable coup marketing. Et \u00e0 c&#8217;\u00e9tait trop tard pour ce petit fran\u00e7ais, pour Charles Cros. Et c&#8217;est le nom de Thomas Edison que la post\u00e9rit\u00e9 a retenu. C&#8217;est difficile de savoir si vraiment, Edison a eu vent de l&#8217;invention de Charles Cros, s&#8217;il avait entendu parler des recherches de Charles Cros, mais il y a ce d\u00e9bat entre qui a \u00e9t\u00e9 le premier inventeur de cette technologie. Apr\u00e8s, c&#8217;est un d\u00e9bat qu&#8217;on retrouvait souvent \u00e0 cette \u00e9poque, parce que la r\u00e9alit\u00e9, c&#8217;est que dans diff\u00e9rents pays, il y avait de nombreux scientifiques, de nombreux chercheurs qui travaillaient sur les m\u00eames sujets et qui arrivaient \u00e0 des conclusions similaires \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame moment. Donc ensuite, c&#8217;\u00e9tait \u00e0 celui qui allait pouvoir d\u00e9poser son brevet, faire la pr\u00e9sentation publique, etc. pour revendiquer la paternit\u00e9 d&#8217;une invention. Bref, donc ce premier Fran\u00e7ais, c&#8217;est Charles Cros, mais je vous ai dit qu&#8217;il y en avait un deuxi\u00e8me. Et lui, pour le coup, il a d\u00e9pos\u00e9 son invention beaucoup plus t\u00f4t, 20 ans plus t\u00f4t, en 1857.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fd4\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:10:09', ts_id:'6927c748b6fd4', play_icon:'' }) ;\">[00:10:09]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et ce fran\u00e7ais, c&#8217;est \u00c9douard-L\u00e9on Scott de Martinville. Alors oui, c&#8217;est un nom un peu long. \u00c9douard-L\u00e9on Scott de Martinville. Il a d\u00e9pos\u00e9 un brevet en 1857 pour l&#8217;invention d&#8217;un phonotographe. Alors, c&#8217;\u00e9tait un peu diff\u00e9rent, le phonotographe. C&#8217;\u00e9tait un appareil qui \u00e9tait capable d&#8217;enregistrer visuellement les sons sur un papier sp\u00e9cial. Mais malheureusement, cet appareil ne pouvait pas restituer les sons. L&#8217;objectif d&#8217;\u00c9douard L\u00e9on Scott de Martinville, c&#8217;\u00e9tait simplement d&#8217;enregistrer des sons sous un format visuel sur un papier sp\u00e9cial. Il ne recherchait pas, comme l&#8217;a fait plus tard Edison, la reproduction sonore, mais simplement le trac\u00e9 sur le papier de mots et de phrases. Et oui, parce que c&#8217;\u00e9tait quelqu&#8217;un qui \u00e9tait ouvrier en imprimerie. Il travaillait dans une imprimerie. Donc, pour lui, la graphie, c&#8217;\u00e9tait quelque chose de tr\u00e8s important. La graphie, l&#8217;\u00e9criture, les caract\u00e8res d&#8217;imprimerie. Mais comme il \u00e9tait ouvrier, il n&#8217;avait pas beaucoup d&#8217;argent. Il s&#8217;est ruin\u00e9 pour d\u00e9poser un brevet, le brevet pour son phonographe. Mais sept ans plus tard, il n&#8217;avait plus les moyens de renouveler son brevet, ce qui fait qu&#8217;il est tomb\u00e9 dans le domaine public. Et \u00c9douard-L\u00e9on Scott de Martinville, n&#8217;a pas r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9velopper son phonotographe pour en avoir une application commerciale. Donc, voil\u00e0, il a \u00e9t\u00e9 ruin\u00e9, il n&#8217;avait plus d&#8217;argent. Et \u00e0 la fin de l&#8217;ann\u00e9e 1877, il a d\u00e9couvert, comme tout le monde, que Thomas Edison avait invent\u00e9 ce phonographe.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fdb\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:11:53', ts_id:'6927c748b6fdb', play_icon:'' }) ;\">[00:11:53]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et en \u00e9tudiant en d\u00e9tail l&#8217;invention d&#8217;Edison, il a vu qu&#8217;il avait repris une partie de ses d\u00e9couvertes et de ce qu&#8217;il y avait dans son brevet. Donc, \u00e9videmment, il en a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s, tr\u00e8s triste, tr\u00e8s affect\u00e9. Il a essay\u00e9 d&#8217;attaquer Thomas Edison, de prot\u00e9ger son invention en allant voir notamment l&#8217;\u00c9cole Polytechnique en France. Mais bon, il n&#8217;a pas r\u00e9ussi \u00e0 obtenir gain de cause. Et apr\u00e8s quelques ann\u00e9es, il s&#8217;est r\u00e9sign\u00e9, il a abandonn\u00e9. Et dans une lettre qu&#8217;il a \u00e9crite, il a demand\u00e9 \u00e0 ne pas tomber dans l&#8217;oubli. Il voulait simplement que son nom reste associ\u00e9 \u00e0 cette invention du phonographe. Mais malheureusement, l&#8217;histoire ne l&#8217;a pas retenu. Il est tomb\u00e9 dans l&#8217;oubli. Donc, c&#8217;est une histoire qui est assez triste, ou plut\u00f4t qui \u00e9tait assez triste, parce qu&#8217;il y a quelques ann\u00e9es, en 2008, une \u00e9quipe de scientifiques am\u00e9ricains d&#8217;un laboratoire de Berkley a retrouv\u00e9 les les enregistrements de Scott de Martinville sur les feuilles sp\u00e9ciales, sur le papier sp\u00e9cial. Et gr\u00e2ce aux nouvelles technologies, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 les num\u00e9riser et \u00e0 les transformer pour qu&#8217;on puisse \u00e9couter ces sons que Scott de Martinville avait enregistr\u00e9s. Je vous laisse \u00e9couter cet extrait.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fe4\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:13:31', ts_id:'6927c748b6fe4', play_icon:'' }) ;\">[00:13:31]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Donc l\u00e0, ce que vous avez entendu, cet enregistrement de tr\u00e8s mauvaise qualit\u00e9, c&#8217;est l&#8217;enregistrement le plus ancien qu&#8217;on ait d&#8217;une voix humaine. C&#8217;est un enregistrement qui date de 1860 et la voix qu&#8217;on entend dessus, c&#8217;est celle d&#8217;\u00c9douard L\u00e9on Scott de Martinville, qui chante une petite comptine, une chanson pour enfants que vous avez peut-\u00eatre reconnue, une comptine qui s&#8217;intitule \u00ab Au clair de la lune \u00bb. \u00ab Au clair de la lune, mon ami Pierrot. \u00bb Donc moi non plus, comme Scott de Martinville, je ne chante pas tr\u00e8s bien. Et voil\u00e0, c&#8217;est quelque chose d&#8217;assez sp\u00e9cial qu&#8217;on ait cet enregistrement. Et finalement, Scott de Martinville va rester dans la post\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6fea\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:14:29', ts_id:'6927c748b6fea', play_icon:'' }) ;\">[00:14:29]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Alors \u00e9videmment, la qualit\u00e9 des premiers enregistrements de phonographe n&#8217;est pas tr\u00e8s bonne, mais elle s&#8217;am\u00e9liore au fil des d\u00e9cennies et la technologie se d\u00e9veloppe, notamment avec l&#8217;arriv\u00e9e du gramophone, qui fonctionne un peu diff\u00e9remment du phonographe, parce que le phonographe utilisait des cylindres qui prenaient beaucoup de place, qui \u00e9taient encombrants, alors que les gramophones utilisent des disques plats. Donc, \u00e7a devient un peu plus pratique. Et au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, les phonographes et les gramophones arrivent dans la plupart des foyers, des maisons aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6ff0\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:15:18', ts_id:'6927c748b6ff0', play_icon:'' }) ;\">[00:15:18]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Ah oui, il faut savoir aussi que pour les faire fonctionner, il fallait utiliser une manivelle. Il fallait tourner une manivelle parce que les premiers phonographes n&#8217;utilisaient pas l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, donc ils \u00e9taient manuels. Il fallait tourner une manivelle pour pouvoir \u00e9couter le disque. Mais \u00e0 partir des ann\u00e9es 20, il y a une nouvelle technologie qui vient concurrencer les gramophones, c&#8217;est la radio. La radio, elle a beaucoup d&#8217;avantages parce qu&#8217;elle permet d&#8217;\u00e9couter de la musique en continu, gratuitement, et qui ne se d\u00e9grade pas. Parce que sur les premiers phonographes et gramophones, \u00e0 chaque qu&#8217;on \u00e9coutait un morceau, eh bien il se d\u00e9gradait un peu et plus on l&#8217;\u00e9coutait, moins la qualit\u00e9 \u00e9tait bonne. D\u00e9j\u00e0 que la qualit\u00e9 d&#8217;origine n&#8217;\u00e9tait pas forc\u00e9ment exceptionnelle, \u00e7a avait quand m\u00eame pas mal d&#8217;inconv\u00e9nients. Alors qu&#8217;\u00e0 la radio, on diffusait des concerts en direct, des concerts d&#8217;orchestre de musiciens, donc la qualit\u00e9 \u00e9tait plut\u00f4t bonne. En tout cas, elle \u00e9tait meilleure que celle des gramophones et des phonographes de l&#8217;\u00e9poque. Mais finalement, on s&#8217;est rendu compte que ces deux technologies \u00e9taient plut\u00f4t compl\u00e9mentaires. La radio pour pouvoir \u00e9couter de la musique et aussi \u00e9videmment des informations toute la journ\u00e9e et le gramophone pour \u00e9couter un morceau ou une musique qu&#8217;on appr\u00e9ciait particuli\u00e8rement au moment o\u00f9 on le voulait.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b6ffd\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:16:50', ts_id:'6927c748b6ffd', play_icon:'' }) ;\">[00:16:50]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est pour \u00e7a qu&#8217;ils ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre vendus ensemble dans un m\u00eame meuble. Donc il y avait un meuble dans lequel il y avait \u00e0 la fois une radio un gramophone. \u00c9videmment, c&#8217;\u00e9tait assez cher. C&#8217;\u00e9tait un \u00e9quipement qui n&#8217;\u00e9tait pas forc\u00e9ment abordable pour toutes les familles. Donc, en g\u00e9n\u00e9ral, il y en avait un seul dans la maison qu&#8217;on pla\u00e7ait dans le salon et toute la famille \u00e9coutait de la musique ensemble. Donc, \u00e7a restait une exp\u00e9rience sociale. Malheureusement, avec la Grande D\u00e9pression, la crise des ann\u00e9es 30, cette jeune industrie de la musique enregistr\u00e9e, eh bien elle se retrouve stopp\u00e9e. De nombreux labels de musique font faillite parce que les gens n&#8217;ont plus les moyens d&#8217;acheter des disques. Ce n&#8217;est pas quelque chose qui fait partie de leur priorit\u00e9. Et donc cette industrie de la musique enregistr\u00e9e se retrouvent en grande difficult\u00e9. Il faut attendre apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, avec l&#8217;essor du vinyle, pour que la musique enregistr\u00e9e qu&#8217;on \u00e9coute \u00e0 la maison devienne vraiment un bien de consommation de masse. Quelque chose qu&#8217;on trouve dans la plupart des foyers occidentaux. Apr\u00e8s \u00e7a, c&#8217;est surtout l&#8217;\u00e9volution technologique qui a permis de continuer de d\u00e9velopper cette industrie, avec une priorit\u00e9 : stocker un maximum de musique sur le support physique le plus petit possible, et tout en gardant, si possible, une bonne qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7002\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:18:27', ts_id:'6927c748b7002', play_icon:'' }) ;\">[00:18:27]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>On a eu les cassettes \u00e0 bande magn\u00e9tique qui sont une invention allemande. Et puis, dans les ann\u00e9es 80, le CD, le compact disque. Et un peu plus tard, dans les ann\u00e9es 90, le mini disque invent\u00e9 par Sony. Alors \u00e7a, je ne sais pas si vous le je connaissais. Moi, je me souviens tr\u00e8s bien d&#8217;avoir eu un lecteur mini disque. Donc comme son nom l&#8217;indique, c&#8217;\u00e9tait un petit disque sur lequel on pouvait stocker l&#8217;\u00e9quivalent, il me semble, de quatre albums, si ma m\u00e9moire est bonne. Donc c&#8217;\u00e9tait entre la cassette et le CD. C&#8217;\u00e9tait tr\u00e8s joli. C&#8217;\u00e9tait un petit disque enferm\u00e9 dans un bo\u00eetier en plastique, un peu comme une disquette d&#8217;ordinateur. Et \u00e7a permettait de stocker quatre albums, ce qui a \u00e0 cette \u00e9poque, \u00e9tait g\u00e9nial. Moi, je me souviens tr\u00e8s bien de mon lecteur mini disque. J&#8217;adorais \u00e7a. Mais plus tard, ce qui a vraiment boulevers\u00e9 l&#8217;industrie, c&#8217;est l&#8217;arriv\u00e9e du MP3. \u00c0 ce moment-l\u00e0, la musique n&#8217;avait m\u00eame plus besoin de support physique, on pouvait tout t\u00e9l\u00e9charger, en g\u00e9n\u00e9ral de mani\u00e8re ill\u00e9gale et de mani\u00e8re assez rapide. Alors oui, moi aussi, je l&#8217;ai fait. J&#8217;ai t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 des morceaux de musique ill\u00e9galement quand j&#8217;\u00e9tais adolescent, je n&#8217;en suis pas fier, mais j&#8217;avais mon lecteur MP3 et je me souviens que je pouvais mettre 250 titres dessus ou quelque chose comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b700c\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:19:57', ts_id:'6927c748b700c', play_icon:'' }) ;\">[00:19:57]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a me semblait vraiment exceptionnel. Je pensais \u00e9couter de la musique pour toute ma vie avec ces 250 titres. Et surtout, on pouvait les effacer, les changer et recommencer autant de fois qu&#8217;on voulait sans que la qualit\u00e9 audio ne se d\u00e9grade. Bref, la musique enregistr\u00e9e s&#8217;est d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e. Et en plus, elle est devenue une exp\u00e9rience de plus en plus individuelle. Parce qu&#8217;en parall\u00e8le de ces \u00e9volutions technologiques sur le format, on a aussi d\u00e9velopp\u00e9 des appareils pour pouvoir \u00e9couter sa musique de mani\u00e8re individuelle. Il y a eu \u00e9videmment le c\u00e9l\u00e8bre Walkman. Et puis, comme les \u00e9quipements devenaient de moins en moins chers, on a pu acheter une petite cha\u00eene Hi-Fi pour que les ados \u00e9coutent leur musique dans leur chambre. Et aujourd&#8217;hui, on a ces \u00e9couteurs sans fil qui permettent de bloquer le son ext\u00e9rieur, de s&#8217;isoler totalement pour \u00e9couter sa musique dans n&#8217;importe quel environnement.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7012\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:21:02', ts_id:'6927c748b7012', play_icon:'' }) ;\">[00:21:02]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 toutes ces \u00e9volutions technologiques, la musique est devenue ce qu&#8217;on pourrait appeler un bien de consommation de masse. La premi\u00e8re \u00e0 en avoir parl\u00e9, peut-\u00eatre, c&#8217;est Hannah Arendt, une philosophe allemande qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9fugi\u00e9e, puis naturalis\u00e9e aux \u00c9tats-Unis. Elle en parle dans un recueil d&#8217;essais, un livre dans lequel il y a huit essais qu&#8217;elle a \u00e9crits, qui s&#8217;intitule <i>La crise de la culture<\/i>. Elle l&#8217;a publi\u00e9 en 1961. Et dans ce livre, elle analyse les effets de la rupture entre le monde moderne, le monde dans lequel nous vivons, et la tradition. Pour elle, la soci\u00e9t\u00e9 moderne est synonyme de soci\u00e9t\u00e9 de consommation de masse. Alors, il y a un bon c\u00f4t\u00e9 \u00e0 \u00e7a. Le bon c\u00f4t\u00e9, c&#8217;est que le temps du loisir n&#8217;est plus r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 une \u00e9lite. \u00c0 pr\u00e9sent, il y a une vaste classe moyenne qui a le temps d&#8217;avoir des loisirs, qui ne doit plus d\u00e9dier toute son existence au travail pour survivre, mais qui peut avoir du temps libre. Le probl\u00e8me, c&#8217;est que selon Hannah Arendt, celui qu&#8217;elle appelle l&#8217;homme-masse, donc l&#8217;homme de cette soci\u00e9t\u00e9 de consommation de masse, il a tendance \u00e0 traiter les \u0153uvres culturelles comme de simples objets de consommation. Pour l&#8217;homme-masse, la seule fonction des \u0153uvres culturelles, c&#8217;est de le divertir, c&#8217;est d&#8217;occuper son temps libre. Alors que pour Hannah Arendt, les \u0153uvres culturelles sont l\u00e0 pour nous aider \u00e0 avoir des \u00e9motions profondes, des r\u00e9flexions profondes, et pas simplement pour nous divertir. Et l\u00e0, je cite un extrait de son essai : \u00ab Cela ne veut pas dire que la culture se r\u00e9pande dans les masses, mais que la culture se trouve d\u00e9truite pour engendrer le loisir \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7017\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:23:11', ts_id:'6927c748b7017', play_icon:'' }) ;\">[00:23:11]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Cela ne veut pas dire que la culture se r\u00e9pande dans les masses, mais que la culture se trouve d\u00e9truite pour engendrer le loisir \u00bb. Autrement dit, l&#8217;homme-masse consomme des \u0153uvres culturelles, puis il les jette et il est sans cesse \u00e0 la recherche de nouveaut\u00e9s, de nouvelles \u0153uvres pour se divertir, comme n&#8217;importe quel objet de consommation. \u00c7a, on peut le voir aussi avec l&#8217;av\u00e8nement des festivals. Pendant un festival, on vient voir des dizaines de groupes d&#8217;artistes et \u00e7a seulement en l&#8217;espace de deux ou trois jours. Donc, on a une esp\u00e8ce de consommation de masse de musique au lieu de prendre le temps d&#8217;appr\u00e9cier l&#8217;\u0153uvre d&#8217;un seul artiste \u00e0 la fois. Et le probl\u00e8me, selon Hannah Arendt, c&#8217;est que ce qui d\u00e9finit une \u0153uvre culturelle, c&#8217;est sa long\u00e9vit\u00e9. Une \u0153uvre est culturelle quand elle peut survivre aux g\u00e9n\u00e9rations, quand elle peut traverser les \u00e9poques. Par exemple, la musique classique. La musique classique a travers\u00e9 les si\u00e8cles. Alors que les hits d&#8217;aujourd&#8217;hui, ils ont une dur\u00e9e de vie qui est de quelques mois, voire parfois de quelques semaines. Puis ensuite, on les jette et ils sont remplac\u00e9s par un nouveau hit. Et c&#8217;est vrai, on peut se demander : est-ce qu&#8217;on \u00e9coutera encore Taylor Swift dans un si\u00e8cle ?<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7020\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:24:35', ts_id:'6927c748b7020', play_icon:'' }) ;\">[00:24:35]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Alors moi, je ne sais pas si je suis compl\u00e8tement d&#8217;accord avec Hannah Arendt. Je trouve que c&#8217;est peut-\u00eatre une vision un peu \u00e9litiste qui sacralise les \u0153uvres d&#8217;art, l&#8217;art avec un A majuscule, sans vouloir tomber dans le relativisme, personnellement, j&#8217;ai du mal \u00e0 d\u00e9finir pourquoi un morceau de Chopin a une plus grande valeur artistique qu&#8217;un morceau de Taylor Swift. Si on prend le crit\u00e8re, par exemple, de la capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9mouvoir, je pense qu&#8217;aujourd&#8217;hui, il y a beaucoup plus de gens qui sont touch\u00e9s par la musique de Taylor Swift que par celle de Chopin. M\u00eame si pour moi, personnellement, c&#8217;est l&#8217;inverse. Mais si on laisse cette question de c\u00f4t\u00e9, il y a un autre argument dans sa th\u00e9orie qui me semble particuli\u00e8rement important, c&#8217;est celui qui concerne la diffusion de ses \u0153uvres culturelles. Selon Hannah Arendt, le probl\u00e8me, ce n&#8217;est pas la diffusion de masse, le fait que les \u0153uvres culturelles soient accessibles \u00e0 un tr\u00e8s grand nombre de personnes. Non, le probl\u00e8me, c&#8217;est que cette diffusion de masse, elle s&#8217;accompagne d&#8217;une d\u00e9pr\u00e9ciation de l&#8217;\u0153uvre. Autrement dit, les artistes, les cr\u00e9ateurs changent leurs \u0153uvres, ils essayent de les adapter, de les r\u00e9\u00e9crire, de les condenser, de les simplifier pour qu&#8217;il soit facile \u00e0 consommer. Ils font des compromis qui, selon Hannah Arendt, ne respectent pas l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 artistique.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7026\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:26:11', ts_id:'6927c748b7026', play_icon:'' }) ;\">[00:26:11]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, les \u0153uvres d&#8217;art ne sont plus des cr\u00e9ations uniques, mais des produits standardis\u00e9s. Et moi, je suis coupable d&#8217;avoir particip\u00e9 \u00e0 \u00e7a parce que, comme je vous l&#8217;ai peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 dit, j&#8217;ai fait un stage quand j&#8217;\u00e9tais \u00e0 Londres dans un label de musique c\u00e9l\u00e8bre qui s&#8217;appelle EMI, plut\u00f4t qu&#8217;il s&#8217;appelait, parce qu&#8217;il n&#8217;existe plus, il a \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9. Et pendant ce stage, je faisais partie de l&#8217;\u00e9quipe Consumer Insights. Autrement dit, on analysait les habitudes d&#8217;\u00e9coute du public, de personnes qui appr\u00e9ciaient l&#8217;artiste, pour d\u00e9cider quel serait le premier single de l&#8217;album, comment faire la promotion de cet artiste en fonction des gens qui l&#8217;\u00e9coutent, etc. Et je ne peux pas dire que les informations qu&#8217;on avait influen\u00e7aient la cr\u00e9ation musicale, mais en tout cas, on s&#8217;en servait pour la strat\u00e9gie marketing pour faire la promotion de l&#8217;artiste. Bref, c&#8217;est seulement une anecdote, mais \u00e7a montre bien la marchandisation des \u0153uvres culturelles. Le fait qu&#8217;avec la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, les \u0153uvres culturelles, dont la musique, sont devenues des biens de consommation comme les autres. Et depuis une quinzaine d&#8217;ann\u00e9es, on peut m\u00eame dire qu&#8217;ils sont devenus des services.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b702b\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:27:43', ts_id:'6927c748b702b', play_icon:'' }) ;\">[00:27:43]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Avec l&#8217;essor d&#8217;Internet et du num\u00e9rique, la musique est devenue de plus en plus accessible en ligne. D&#8217;abord via les t\u00e9l\u00e9chargements payants ou pas, puis les services de streaming. La musique est devenue une commodit\u00e9 facilement accessible, souvent gratuite, ce qui a entra\u00een\u00e9 une d\u00e9mat\u00e9rialisation des \u0153uvres musicales. Moi, j&#8217;ai pris un abonnement Spotify en 2011. J&#8217;ai retrouv\u00e9 le re\u00e7u. Donc, \u00e7a fait quasiment&#8230; Oui, \u00e7a fait 13 ans que je suis abonn\u00e9 \u00e0 Spotify et \u00e7a a compl\u00e8tement chang\u00e9 ma fa\u00e7on d&#8217;\u00e9couter de la musique. Je ne vais pas du tout faire la pub de Spotify, rassurez-vous. Et pour ceux et celles d&#8217;entre vous qui n&#8217;auraient pas \u00e0 une plateforme de streaming, je vais vous expliquer rapidement comment \u00e7a fonctionne. En fait, on souscrit un abonnement qui co\u00fbte en g\u00e9n\u00e9ral une dizaine d&#8217;euros ou de dollars par mois, qui nous donne acc\u00e8s \u00e0 un catalogue de musique quasiment infini. On a acc\u00e8s \u00e0 la musique du monde entier et de toutes les \u00e9poques. Tout \u00e7a sur son smartphone, dans sa poche. Donc, on peut se faire des playlists pour ajouter des milliers et des milliers de titres qu&#8217;on peut \u00e9couter quand on veut.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7035\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:29:01', ts_id:'6927c748b7035', play_icon:'' }) ;\">[00:29:01]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Avant les plateformes de streaming, je passais des heures \u00e0 chercher des artistes. Alors quand j&#8217;\u00e9tais plus jeune, c&#8217;\u00e9tait en allant dans les magasins de disques ou au supermarch\u00e9. Et puis plus tard, \u00e9videmment, j&#8217;ai utilis\u00e9 Internet. Donc, j&#8217;allais sur diff\u00e9rents blogs, des blogs obscurs, myst\u00e9rieux, pour chercher des petits artistes ind\u00e9pendants que personne ne connaissait et pour impressionner mes amis. Mais depuis que j&#8217;ai mon abonnement Spotify, j&#8217;ai compl\u00e8tement arr\u00eat\u00e9 de faire \u00e7a. Tout simplement parce que chaque semaine, Spotify me propose une playlist sur-mesure avec 30 morceaux s\u00e9lectionn\u00e9s par leur algorithme qui correspond parfaitement \u00e0 mes go\u00fbts musicaux. Donc, Spotify est rapidement devenue ma seule source de musique. C&#8217;est vrai, vu que chaque semaine, j&#8217;ai une playlist de 30 nouveaut\u00e9s \u00e0 \u00e9couter, pourquoi est-ce que je m&#8217;emb\u00eaterais \u00e0 chercher moi-m\u00eame des artistes ou, pire, \u00e0 r\u00e9\u00e9couter des vieux morceaux. Alors, en analysant un peu mes habitudes, je me suis rendu compte que j&#8217;avais une attitude passive. En fait, je ne fais qu&#8217;\u00e9couter ce que l&#8217;algorithme a choisi pour moi. Et j&#8217;ai une quantit\u00e9 telle de morceaux, j&#8217;ai acc\u00e8s \u00e0 tellement de morceaux que je n&#8217;arrive m\u00eame plus \u00e0 retenir le nom des artistes ou des titres que j&#8217;\u00e9coute. D&#8217;ailleurs, j&#8217;ai plus l&#8217;impression de consommer que d&#8217;\u00e9couter de la musique. Je consomme de la musique, puis je la jette.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b703a\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:30:37', ts_id:'6927c748b703a', play_icon:'' }) ;\">[00:30:37]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et oui, parce qu&#8217;il n&#8217;y a plus du tout d&#8217;attachement \u00e9motionnel. Ce ne sont pas des artistes que j&#8217;ai d\u00e9couverts moi-m\u00eame ou qu&#8217;un ami m&#8217;a recommand\u00e9s, ou des artistes que j&#8217;ai d\u00e9couverts en cherchant pendant des heures sur Internet. Non, ce sont des artistes qui m&#8217;ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s par l&#8217;algorithme Spotify et que j&#8217;ai consomm\u00e9s de mani\u00e8re passive. D&#8217;ailleurs, sur Spotify et sur les plateformes de streaming en g\u00e9n\u00e9ral, il y a des playlists qui sont extr\u00eamement populaires et qui sont faites uniquement pour accompagner une activit\u00e9, un peu comme un fond sonore ou comme la bande son dans un film. Il y a une playlist pour faire du sport, une autre pour \u00e9tudier, une autre pour boire son caf\u00e9 le matin. Et d&#8217;ailleurs, c&#8217;est la m\u00eame chose avec d&#8217;autres plateformes de streaming, par exemple, pour pour regarder des s\u00e9ries ou des films. En fait, ce n&#8217;est pas sp\u00e9cialement parce qu&#8217;on a envie de regarder tel film de tel r\u00e9alisateur, mais juste parce qu&#8217;on veut avoir quelque chose pour passer le temps, pour se divertir, pour avoir de la compagnie quand on mange, etc. Et \u00e7a, c&#8217;est inscris dans le mod\u00e8le \u00e9conomique m\u00eame de ces plateformes. On n&#8217;ach\u00e8te pas une \u0153uvre en particulier, comme \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, quand on achetait un CD ou ou un film d&#8217;un r\u00e9alisateur qu&#8217;on adorait, mais on paye un abonnement pour avoir une quantit\u00e9 illimit\u00e9e de divertissement chaque mois.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7044\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:32:10', ts_id:'6927c748b7044', play_icon:'' }) ;\">[00:32:10]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et comme Hannah Arendt l&#8217;avait pr\u00e9vu il y a d\u00e9j\u00e0 60 ans, cette fa\u00e7on de consommer des \u0153uvres culturelles, cette marchandisation des \u0153uvres culturelles, elle a un impact direct sur la mani\u00e8re dont elles sont cr\u00e9\u00e9es. On a l&#8217;impression que la musique d&#8217;aujourd&#8217;hui, semble plus produite pour r\u00e9pondre \u00e0 des tendances commerciales que pour exprimer une vision artistique profonde. Par exemple, je ne sais pas si vous avez vu, mais r\u00e9cemment, Beyonc\u00e9 a sorti un nouvel album qui s&#8217;inspire de la musique Country. Et c&#8217;est assez visible qu&#8217;elle le fait pour pouvoir toucher un nouveau public. Je ne suis pas s\u00fbr qu&#8217;\u00e0 la base, Beyonc\u00e9 \u00e9tait une fan de musique Country, mais peut-\u00eatre que je me trompe, je ne sais pas. Corrigez-moi dans les commentaires s&#8217;il y a des fans de Beyonc\u00e9 parmi vous. Mais en plus de ses effets sur la cr\u00e9ation des \u0153uvres elles-m\u00eames, il y a aussi les r\u00e9seaux sociaux qui jouent un r\u00f4le crucial dans la promotion et la consommation de la musique d&#8217;aujourd&#8217;hui. Les artistes sont souvent jug\u00e9s par leur pr\u00e9sence en ligne, le nombre d&#8217;abonn\u00e9s, de fans qu&#8217;ils sont et leur capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer du buzz plut\u00f4t que par la qualit\u00e9 intrins\u00e8que de leur musique.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7049\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:33:34', ts_id:'6927c748b7049', play_icon:'' }) ;\">[00:33:34]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Donc, tout \u00e7a, \u00e7a renforce la marchandisation de la musique o\u00f9 l&#8217;image et le marketing prennent le pas sur la substance artistique. Autrement dit, o\u00f9 l&#8217;image et le marketing deviennent plus importants que l&#8217;\u0153uvre artistique en elle-m\u00eame. D&#8217;ailleurs, maintenant, on parle souvent de cr\u00e9ateur de contenu au lieu de parler d&#8217;artiste. Bref, les plateformes de streaming ont totalement d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9 la musique, si bien qu&#8217;aujourd&#8217;hui, elle n&#8217;est m\u00eame plus un produit de consommation de masse, mais un service. Un service dont la valeur est davantage utilitaire qu&#8217;esth\u00e9tique. Mais les plateformes de streaming ont une autre cons\u00e9quence qui, \u00e0 mon avis, est encore plus n\u00e9gative. Dans l&#8217;\u00e9pisode 65, \u00e7a remonte \u00e0 quelques ann\u00e9es, je vous avais parl\u00e9 de nos go\u00fbts. On s&#8217;\u00e9tait demand\u00e9 comment on acquiert nos go\u00fbts, d&#8217;o\u00f9 viennent nos go\u00fbts : nos go\u00fbts musicaux, nos go\u00fbts litt\u00e9raires, nos go\u00fbts artistiques, nos go\u00fbts sportifs, etc. Et pour \u00e7a, je vous avais parl\u00e9 d&#8217;un sociologue fran\u00e7ais tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre, Pierre Bourdieu. Selon la th\u00e9orie de Bourdieu, nos go\u00fbts ne nous appartiennent que partiellement. En r\u00e9alit\u00e9, la plupart d&#8217;entre eux sont transmis par notre famille, par l&#8217;\u00e9cole et par le groupe social auquel on appartient. Mais surtout, et c&#8217;est \u00e7a qui est int\u00e9ressant dans la th\u00e9orie de Bourdieu, il existe une hi\u00e9rarchie des go\u00fbts et des pratiques culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b704f\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:35:10', ts_id:'6927c748b704f', play_icon:'' }) ;\">[00:35:10]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette hi\u00e9rarchie, les pratiques culturelles de la classe dominante sont consid\u00e9r\u00e9es comme les plus nobles, les plus l\u00e9gitimes. C&#8217;est pour \u00e7a que la musique classique est consid\u00e9r\u00e9e comme plus noble que la pop ou le rap. Le golf est plus l\u00e9gitime que le foot, les \u00e9checs que les jeux vid\u00e9o, etc. Vous avez compris l&#8217;id\u00e9e. Sur les plateformes de streaming musical, on a acc\u00e8s en th\u00e9orie \u00e0 tous les genres de musique. On a tous les genres de musique \u00e0 porter de main. Donc, \u00e7a devrait \u00eatre un super outil pour d\u00e9couvrir des artistes que personne n&#8217;\u00e9coute dans notre milieu social et pour pouvoir s&#8217;\u00e9manciper, pour pouvoir sortir de notre groupe social. Sauf que les algorithmes de ces plateformes font tout le contraire. Ils nous servent uniquement des choses que l&#8217;on appr\u00e9cie d\u00e9j\u00e0. Par exemple, moi, avant d&#8217;avoir Spotify, j&#8217;\u00e9coutais plusieurs genres de musique diff\u00e9rents. Mais sur Spotify, j&#8217;\u00e9coutais principalement du hip hop. Et maintenant, chaque semaine, Spotify me recommande exclusivement des morceaux de hip hop. Ce qui fait que j&#8217;ai progressivement arr\u00eat\u00e9 d&#8217;\u00e9couter les autres genres de musique que j&#8217;appr\u00e9ciais. Le probl\u00e8me, c&#8217;est qu&#8217;aujourd&#8217;hui, ces algorithmes de recommandation culturelle, ils sont omnipr\u00e9sents. On les retrouve aussi bien sur les plateformes de streaming musical que pour les films, les livres, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7058\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:36:46', ts_id:'6927c748b7058', play_icon:'' }) ;\">[00:36:46]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et de la m\u00eame mani\u00e8re que l&#8217;algorithme Facebook nous enferme dans une bulle de pens\u00e9e ou une bulle d&#8217;opinion, les algorithmes de plateformes de streaming nous enferment dans des esp\u00e8ces de bulles culturelles ou des bulles de divertissement. Et \u00e7a, c&#8217;est d&#8217;autant plus vicieux que les algorithmes influencent aussi la cr\u00e9ation artistique. Vous voyez, on en revient toujours aux m\u00eames angles&nbsp; : d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, la consommation et de l&#8217;autre, la cr\u00e9ation. Oui, parce qu&#8217;aujourd&#8217;hui, des plateformes comme Netflix distribuent les \u0153uvres culturelles, mais elles en produisent aussi une grande partie. Et Netflix a acc\u00e8s \u00e0 une quantit\u00e9 \u00e9norme de donn\u00e9es en ce qui concerne la fa\u00e7on dont les gens regardent des films ou des s\u00e9ries. C&#8217;est facile pour Netflix de savoir exactement \u00e0 quel moment d&#8217;un \u00e9pisode les gens ont arr\u00eat\u00e9 de regarder. Et on peut imaginer que \u00e7a influence ensuite le processus d&#8217;\u00e9criture pour les autres films ou les autres s\u00e9ries que Netflix produit. C&#8217;est quelque chose qui existait d\u00e9j\u00e0 avant les plateformes de streaming, \u00e9videmment. Il y avait des groupes, on faisait des groupes tests de spectateurs pour leur demander ce qu&#8217;ils aimaient ou pas dans le film, etc. Mais maintenant, on est arriv\u00e9 \u00e0 un degr\u00e9 de pr\u00e9cision, de granularit\u00e9 des donn\u00e9es qui est exceptionnel.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b705d\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:38:15', ts_id:'6927c748b705d', play_icon:'' }) ;\">[00:38:15]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et ce qui est encore plus fou, c&#8217;est que de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9, il y a un autre algorithme, celui de l&#8217;intelligence artificielle, qui a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire le sc\u00e9nario. Donc, on a \u00e0 la fois l&#8217;algorithme qui analyse la r\u00e9ception du public, comment le public consomme une \u0153uvre, et qui va pouvoir transf\u00e9rer ces donn\u00e9es \u00e0 l&#8217;intelligence artificielle pour qu&#8217;elle puisse \u00e9crire des sc\u00e9narios parfaits, des sc\u00e9narios sur-mesure qui vont plaire au public. Mais vous le savez aussi bien que moi, si vous avez d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9 de lire un article ou un livre \u00e9crit par l&#8217;intelligence artificielle, en g\u00e9n\u00e9ral, ce n&#8217;est pas passionnant. C&#8217;est un peu trop lisse, on sent qu&#8217;il manque quelque chose. Et moi, il s&#8217;est pass\u00e9 un peu la m\u00eame chose avec Spotify. \u00c0 cause de ces playlists trop parfaites, j&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 me lasser. \u00ab Se lasser de quelque chose \u00bb, \u00e7a veut dire s&#8217;ennuyer, ne plus avoir envie de faire quelque chose. Donc moi, \u00e0 cause de Spotify, j&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 me lasser de la musique. C&#8217;est triste, mais avant, je pouvais \u00e9couter de la musique pendant des heures. Et maintenant, quand j&#8217;\u00e9coute une playlist Spotify, au bout de 10, 15 minutes, j&#8217;en ai marre et j&#8217;arr\u00eate d&#8217;\u00e9couter.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7067\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:39:34', ts_id:'6927c748b7067', play_icon:'' }) ;\">[00:39:34]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Quand je m&#8217;\u00e9coute, parfois, j&#8217;ai de plus en plus l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre un boomer. Alors, je ne fais pas officiellement partie de la g\u00e9n\u00e9ration des boomers, mais parfois, j&#8217;ai un peu l&#8217;impression d&#8217;avoir ce discours anti-technologie, comme dans l&#8217;\u00e9pisode que j&#8217;avais fait sur les montres connect\u00e9es. J&#8217;ai tendance \u00e0 dire de plus en plus souvent que c&#8217;\u00e9tait mieux avant. Bref, un vrai boomer.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b706d\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:40:00', ts_id:'6927c748b706d', play_icon:'' }) ;\">[00:40:00]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Donc, peut-\u00eatre que le probl\u00e8me, c&#8217;est pas les plateformes de streaming, mais tout simplement mon \u00e2ge. Et d&#8217;ailleurs, je m&#8217;en suis rendu compte en r\u00e9\u00e9coutant les playlists que j&#8217;ai cr\u00e9\u00e9es moi-m\u00eame ces derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 partir des recommandations Spotify. Parce que parfois, je prends des morceaux qui sont recommand\u00e9s par Spotify et je les ajoute dans une playlist que je cr\u00e9e chaque ann\u00e9e. Comme \u00e7a, je peux r\u00e9\u00e9couter les morceaux que j&#8217;\u00e9coutais en 2021, pendant le Covid. Et quand je r\u00e9\u00e9coute ces playlists des derni\u00e8res ann\u00e9es, je me rends compte qu&#8217;il y a plein de morceaux que je n&#8217;appr\u00e9cie pas plus que \u00e7a. Je me demande pourquoi je les ai sauvegard\u00e9s dans une playlist, alors qu&#8217;au contraire, quand il m&#8217;arrive par hasard, de tomber sur un morceau que j&#8217;\u00e9coutais avant l&#8217;\u00e9poque Spotify, quand j&#8217;\u00e9tais \u00e9tudiant ou adolescent, l\u00e0, j&#8217;ai des frisson.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7073\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:40:52', ts_id:'6927c748b7073', play_icon:'' }) ;\">[00:40:52]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est vraiment des morceaux qui provoquent des \u00e9motions en moi. Et en fait, il y a plusieurs \u00e9tudes qui montrent qu&#8217;apr\u00e8s un certain \u00e2ge, on a du mal \u00e0 appr\u00e9cier de nouvelles musiques. En fait, nos go\u00fbts musicaux se forment principalement pendant l&#8217;adolescence. Et apr\u00e8s \u00e7a, on a beaucoup de mal \u00e0 pouvoir appr\u00e9cier un nouveau genre. Bon, \u00e9videmment, \u00e7a d\u00e9pend des personnes. Je suis s\u00fbr que vous connaissez des gens qui ont commenc\u00e9 \u00e0 appr\u00e9cier un tout nouveau genre \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 50 ans. Mais la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, c&#8217;est que nos go\u00fbts musicaux se forment principalement pendant notre adolescence. Mais il est hors de question pour moi d&#8217;accepter cette explication. Je pense que je suis rest\u00e9 jeune dans ma t\u00eate. Je suis capable d&#8217;appr\u00e9cier plein de styles de musique diff\u00e9rents. Donc, je vais plut\u00f4t vous proposer une autre th\u00e9orie.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7078\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:41:45', ts_id:'6927c748b7078', play_icon:'' }) ;\">[00:41:45]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Je trouve que ce qui est beau avec la musique, c&#8217;est l&#8217;exp\u00e9rience qu&#8217;elle nous fait vivre. Par exemple, quand on est \u00e0 un concert, on peut communier avec toute une foule, chanter avec des centaines, des milliers de personnes en m\u00eame temps. Quand on \u00e9coute de la musique \u00e0 une f\u00eate, on peut danser avec des amis. On peut aussi tout simplement \u00e9couter de la musique pour rendre une exp\u00e9rience plus intense. Par exemple, moi, j&#8217;adore \u00e9couter de la musique en regardant le paysage quand je suis dans le train.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7082\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:42:16', ts_id:'6927c748b7082', play_icon:'' }) ;\">[00:42:16]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Mais avec les plateformes de streaming, c&#8217;est de plus en plus difficile d&#8217;appr\u00e9cier ces moments. Parce qu&#8217;en fait, ces plateformes nous encouragent \u00e0 consommer, consommer des nouveaut\u00e9s, puis les jeter, les oublier. Donc, On n&#8217;a peut-\u00eatre pas assez de temps pour pouvoir d\u00e9couvrir soi-m\u00eame, pour pouvoir \u00eatre surpris, pour appr\u00e9cier quelque chose, r\u00e9\u00e9couter, dig\u00e9rer, etc. Alors, je ne vais pas cracher dans la soupe. \u00c7a, c&#8217;est une expression fran\u00e7aise. \u00ab Cracher dans la soupe \u00bb, \u00e7a veut dire ne pas \u00eatre reconnaissant pour quelque chose qui nous a apport\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices. Donc moi, je ne veux pas cracher dans la soupe. C&#8217;est vrai que les plateformes de streaming de musique sont super pratiques et elles ont \u00e9norm\u00e9ment d\u00e9mocratis\u00e9 l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la musique. Elles ont aussi permis \u00e0 de nombreux artistes de publier leur musique, ce qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas forc\u00e9ment les moyens de faire avant. On peut dire aussi que ces plateformes encouragent la fr\u00e9quentation de concerts et de festivals. Il y a de plus en plus de personnes qui vont \u00e0 des concerts et des festivals, parfois parce qu&#8217;elles ont d\u00e9couvert un artiste sur une plateforme de de streaming. Et puis, ce podcast, le podcast que vous \u00e9coutez actuellement, peut-\u00eatre qu&#8217;il n&#8217;existerait pas s&#8217;il n&#8217;y avait pas les plateformes de streaming. Par exemple, je sais que 40% d&#8217;entre vous nous \u00e9coute sur Spotify.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b7087\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:43:48', ts_id:'6927c748b7087', play_icon:'' }) ;\">[00:43:48]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Mais voil\u00e0, j&#8217;avais simplement envie de partager avec vous cette r\u00e9flexion que m&#8217;a inspir\u00e9 la f\u00eate de la musique. C&#8217;est vrai que toutes ces nouvelles technologies sont tr\u00e8s pratiques mais elles sont aussi addictives et elles ont tendance \u00e0 s&#8217;imposer dans nos vies sans qu&#8217;on ait le temps d&#8217;en questionner les effets. On n&#8217;a pas encore le recul suffisant pour en \u00e9valuer les cons\u00e9quences, mais \u00e7aa vaut le coup, \u00e0 mon avis, de questionner nos usages pour ne pas laisser la technologie g\u00e2cher un des plus grands plaisirs humains. Et justement, pour r\u00e9humaniser un peu notre consommation de musique, je vais vous inviter \u00e0 faire deux choses. La premi\u00e8re, c&#8217;est d&#8217;aller \u00e0 un concert pendant la F\u00eate de la Musique, en esp\u00e9rant qu&#8217;elle soit c\u00e9l\u00e9br\u00e9e l\u00e0 o\u00f9 vous vivez. Et la deuxi\u00e8me, c&#8217;est d&#8217;aller sur la page de cet \u00e9pisode et de partager dans les commentaires un ou une artiste que vous adorez. Comme \u00e7a, peut-\u00eatre qu&#8217;on pourra faire une playlist des auditeurs Inner French, je sais pas.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c748b708d\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:44:52', ts_id:'6927c748b708d', play_icon:'' }) ;\">[00:44:52]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Pas n\u00e9cessairement un artiste qui chante en fran\u00e7ais, m\u00eame si \u00e7a serait peut-\u00eatre mieux compte tenu du podcast, mais voil\u00e0. Allez sur la page de l&#8217;\u00e9pisode, partagez votre meilleure recommandation musicale et peut-\u00eatre qu&#8217;on cr\u00e9era une playlist avec tout \u00e7a. Mais dans tous les cas, moi, je suis curieux de voir ce que vous \u00e9coutez. Merci \u00e0 toutes et \u00e0 tous. Je vous souhaite une bonne f\u00eate de la musique et \u00e0 tr\u00e8s bient\u00f4t.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00c9pisode 147 : Peut-on encore \u00e9couter de la musique ? &nbsp; Salut \u00e0 toutes et \u00e0 tous. J&#8217;esp\u00e8re que vous allez bien. Je suis ravi de vous retrouver pour un \u00e9pisode en solo. D&#8217;autant plus qu&#8217;aujourd&#8217;hui, on va parler d&#8217;un sujet qui me tient \u00e0 c\u0153ur. 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