{"id":289608,"date":"2025-04-23T13:41:31","date_gmt":"2025-04-23T11:41:31","guid":{"rendered":"https:\/\/innerfrench.com\/?p=208368"},"modified":"2025-09-25T08:52:23","modified_gmt":"2025-09-25T06:52:23","slug":"e169-des-livres-quon-devore-comme-des-series","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/innerfrench.com\/e169-des-livres-quon-devore-comme-des-series\/","title":{"rendered":"#169 Des livres qu&#8217;on d\u00e9vore comme une s\u00e9rie"},"content":{"rendered":"\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99b67\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:00:04', ts_id:'6927c9ad99b67', play_icon:'' }) ;\">[00:00:04]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Des livres qu&#8217;on d\u00e9vore comme des s\u00e9ries.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99b76\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:00:10', ts_id:'6927c9ad99b76', play_icon:'' }) ;\">[00:00:10]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Bonjour \u00e0 toutes et \u00e0 tous et bienvenue dans ce nouvel \u00e9pisode. Aujourd&#8217;hui, on se retrouve pour un \u00e9pisode solo dans lequel je vais vous parler de litt\u00e9rature. Plus exactement, j&#8217;aimerais vous pr\u00e9senter un certain type de roman qui me pla\u00eet beaucoup. Il s&#8217;agit des romans-feuilletons. Les romans-feuilletons ont tous des caract\u00e9ristiques communes qui viennent de la fa\u00e7on dont ils ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s \u00e0 l&#8217;origine au XIX\u1d49 si\u00e8cle. La plupart des romans-feuilletons sont aujourd&#8217;hui de grands classiques et on peut dire qu&#8217;ils ont une petite recette qui fait que les histoires sont tr\u00e8s int\u00e9ressantes et qu&#8217;on n&#8217;a pas envie de l\u00e2cher le livre quand on le lit. C&#8217;est pour \u00e7a que je me suis dit que \u00e7a pouvait \u00eatre int\u00e9ressant pour vous, d&#8217;autant plus que m\u00eame s&#8217;il s&#8217;agit de la litt\u00e9rature classique et ancienne, je pense qu&#8217;ils sont quand m\u00eame assez faciles \u00e0 lire et je vais vous expliquer pourquoi. J&#8217;ai eu envie de faire ce sujet pour deux raisons. La premi\u00e8re, c&#8217;est que moi-m\u00eame, j&#8217;ai \u00e9tudi\u00e9 le ph\u00e9nom\u00e8ne des romans feuilleton quand j&#8217;\u00e9tais \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 et je me rappelle que \u00e7a m&#8217;avait fascin\u00e9e. Je m&#8217;\u00e9tais beaucoup imagin\u00e9 cette \u00e9poque, ces publications, et \u00e7a m&#8217;est rest\u00e9 : encore aujourd&#8217;hui, quand j&#8217;ai envie de lire un roman classique, j&#8217;essaye de chercher du c\u00f4t\u00e9 des romans qui ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s d&#8217;abord en feuilletons.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99b7e\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:01:54', ts_id:'6927c9ad99b7e', play_icon:'' }) ;\">[00:01:54]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et la deuxi\u00e8me raison pour laquelle je voulais vous parler de ce sujet, c&#8217;est qu&#8217;en regardant le sondage auquel vous avez r\u00e9pondu en d\u00e9but d&#8217;ann\u00e9e sur vos sujets pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, je me suis rendu compte que vous aimiez bien les sujets autour de la litt\u00e9rature, que vous aimiez bien qu&#8217;on vous donne des conseils de livres \u00e0 lire et aussi que vous aimiez bien qu&#8217;on vous fasse de la lecture directement d&#8217;\u0153uvres litt\u00e9raires. C&#8217;est pourquoi, dans cet \u00e9pisode, je vais faire un peu de tout \u00e7a. D&#8217;abord, vous pr\u00e9senter ce que sont les romans-feuilletons, puis vous donner trois livres \u00e0 lire que je vous conseille, et enfin lire un petit extrait dans les cinq derni\u00e8res minutes.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99b85\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:02:47', ts_id:'6927c9ad99b85', play_icon:'' }) ;\">[00:02:47]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Le roman-feuilleton est un genre de roman qui est apparu au XIX\u1d49 si\u00e8cle. Il se d\u00e9finit par la mani\u00e8re dont il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 l&#8217;origine. En fait, au XIX\u1d49 si\u00e8cle, il y a un homme qui appara\u00eet dans le paysage m\u00e9diatique, c&#8217;est \u00c9mile de Girardin. \u00c9mile de Girardin, c&#8217;est un homme un peu particulier qui a eu une vie assez romanesque et qui a en lui l&#8217;envie de r\u00e9ussir \u00e0 tout prix. Il est tr\u00e8s malin, il est intelligent et non seulement il lance un journal, mais il invente beaucoup de nouveaut\u00e9s pour que son journal fonctionne.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99b8b\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:03:36', ts_id:'6927c9ad99b8b', play_icon:'' }) ;\">[00:03:36]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Son id\u00e9e, c&#8217;est qu&#8217;il a besoin de faire venir \u00e0 lui, d&#8217;attirer beaucoup de lecteurs et aussi beaucoup d&#8217;annonceurs, de publicitaires. Et l\u00e0, il a donc plusieurs id\u00e9es pour fid\u00e9liser la client\u00e8le et pour rendre son journal attractif. Parmi ces id\u00e9es, il y a celle de publier en avant-premi\u00e8re un roman en le publiant par \u00e9pisodes. C&#8217;est-\u00e0-dire que chaque jour dans le journal, on peut retrouver un \u00e9pisode in\u00e9dit d&#8217;un roman qui n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 avant, et donc, si on veut savoir la suite, il faut absolument acheter le journal du lendemain et surtout, pendant plusieurs mois, il faut acheter le m\u00eame journal tous les jours. Si vous regardez d&#8217;ailleurs la date de publication de certains romans classiques, vous constaterez que celle-ci s&#8217;\u00e9tale sur plusieurs mois. \u00c7a peut \u00eatre, par exemple, un roman publi\u00e9 entre novembre 1846 et mars 1847. \u00c7a, \u00e7a veut dire que \u00e7a a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par \u00e9pisodes quotidiens. Pourquoi on appelle \u00e7a un roman-feuilleton ? Alors, l\u00e0, on va faire un petit point de vocabulaire. D\u00e9j\u00e0, une feuille, je pense que vous savez ce que c&#8217;est. Aujourd&#8217;hui, \u00e7a peut avoir plusieurs significations, mais notamment un des sens du mot feuille, c&#8217;est le papier sur lequel on peut \u00e9crire ou le papier sur lequel on peut imprimer des choses.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99b91\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:05:23', ts_id:'6927c9ad99b91', play_icon:'' }) ;\">[00:05:23]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du mot \u00ab feuille \u00bb, il existait le mot \u00ab feuillet \u00bb. Un feuillet, c&#8217;est tout simplement une page de journal. Et ensuite, en allant plus loin, le \u00ab feuilleton \u00bb, c&#8217;est le diminutif de feuillet, \u00e7a veut dire un petit feuillet, \u00e7a d\u00e9signait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque le bas de page sur lequel on pouvait retrouver des nouvelles un peu plus l\u00e9g\u00e8res et notamment des nouvelles culturelles. Donc, les lecteurs avaient l&#8217;habitude, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque du XIX\u1d49 si\u00e8cle, quand ils ouvraient le journal, de voir, s\u00e9par\u00e9 par une ligne fine, au rez-de-chauss\u00e9e, au bas de la page, un feuilleton dans lequel ils retrouvaient, par exemple, les critiques de th\u00e9\u00e2tre, les nouveaut\u00e9s en termes de litt\u00e9rature, etc. C&#8217;est alors qu&#8217;\u00c9mile de Girardin a d\u00e9cid\u00e9 que les romans qu&#8217;il allait publier par \u00e9pisodes allaient se trouver au niveau du feuilleton. C&#8217;\u00e9tait tr\u00e8s malin pour plusieurs raisons.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99b96\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:06:31', ts_id:'6927c9ad99b96', play_icon:'' }) ;\">[00:06:31]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re raison, c&#8217;est que les lecteurs savaient exactement o\u00f9 retrouver leur \u00e9pisode. \u00c7a permettait d&#8217;\u00eatre efficace et de cr\u00e9er un rendez-vous. La deuxi\u00e8me raison, c&#8217;est que le fait d&#8217;avoir une partie s\u00e9par\u00e9e par une ligne, \u00e7a permettait de plier le journal et donc de rendre la lecture plus facile. \u00c7a pouvait \u00eatre bien pour lire dans la rue, pour lire dans les transports, mais aussi parce qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9poque, tout le monde ne savait pas lire et donc, c&#8217;\u00e9tait pratique pour plier le journal, se mettre debout devant, par exemple, toute sa famille ou tous ses coll\u00e8gues et lire l&#8217;\u00e9pisode \u00e0 voix haute. Et enfin, la derni\u00e8re raison, c&#8217;\u00e9tait qu&#8217;on pouvait comme \u00e7a d\u00e9couper le petit feuilleton et le classifier pour pouvoir reconstituer le roman \u00e0 la fin. Comme \u00e7a, vraiment, \u00e7a permettait de cr\u00e9er une vraie fid\u00e9lisation, \u00e9tant donn\u00e9 que certaines personnes voulaient absolument \u00eatre abonn\u00e9es au journal pour pouvoir reconstituer le roman dans son ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99b9c\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:07:45', ts_id:'6927c9ad99b9c', play_icon:'' }) ;\">[00:07:45]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Donc \u00e7a, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 le g\u00e9nie d&#8217;\u00c9mile de Girardin, mais \u00e7a a \u00e9t\u00e9 repris par absolument tout le monde. Parfois, les codes \u00e9taient un petit peu modifi\u00e9s, mais globalement, il y a eu quand m\u00eame \u00e9norm\u00e9ment de romans qui ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s sous cette forme dans plein de journaux diff\u00e9rents \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. D&#8217;ailleurs, c&#8217;est arriv\u00e9 m\u00eame que des romans qui sont aujourd&#8217;hui constitu\u00e9s comme un seul livre avaient en fait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es dans plusieurs journaux ou \u00e0 diff\u00e9rents moments. Et il est arriv\u00e9 aussi que les auteurs r\u00e9\u00e9crivent un petit peu pour la version finale. Mais globalement, les caract\u00e9ristiques du roman-feuilleton sont quand tr\u00e8s particuli\u00e8res et se retrouvent dans tous les livres qui ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s comme \u00e7a \u00e0 cause de cette p\u00e9riodicit\u00e9, \u00e0 cause de ce d\u00e9coupage en \u00e9pisodes. Alors, j&#8217;aimerais vous citer quelques caract\u00e9ristiques qu&#8217;on retrouve dans tous les romans feuilleton et qui vont vous faire comprendre pourquoi c&#8217;est des romans qui sont particuli\u00e8rement attractifs.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99ba1\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:08:59', ts_id:'6927c9ad99ba1', play_icon:'' }) ;\">[00:08:59]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Alors, la premi\u00e8re caract\u00e9ristique, c&#8217;est le fait, tout simplement, qu&#8217;il y a beaucoup de rebondissements. Il fallait qu&#8217;\u00e0 chaque \u00e9pisode, chaque jour, il se passe quelque chose. Et apr\u00e8s, il fallait aussi qu&#8217;il y ait du suspense. Donc, il pouvait y avoir souvent ce qu&#8217;on appelle des coups de th\u00e9\u00e2tre, des rebondissements soudains, des \u00e9v\u00e9nements qui se passent alors qu&#8217;on ne s&#8217;y attendait pas et donc qui font se demander : Oh l\u00e0 l\u00e0 ! Mais qu&#8217;est-ce qui va se passer dans les prochains \u00e9pisodes ? Et \u00e7a cr\u00e9ait comme \u00e7a une envie de continuer. Ensuite, une autre caract\u00e9ristique, c&#8217;est que les th\u00e8mes abord\u00e9s sont tr\u00e8s vari\u00e9s. Il existe des romans qui ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s en feuilletons, qui sont plut\u00f4t des romans politico-sociaux. Il y en a d&#8217;autres qui sont plut\u00f4t des histoires d&#8217;amour ou encore des histoires d&#8217;aventures. Il y avait aussi beaucoup de romans policiers, des enqu\u00eates. Mais la particularit\u00e9, c&#8217;est qu&#8217;il y a quand m\u00eame un m\u00e9lange des genres.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99ba7\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:10:10', ts_id:'6927c9ad99ba7', play_icon:'' }) ;\">[00:10:10]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Comme l&#8217;id\u00e9e, c&#8217;\u00e9tait de plaire \u00e0 tout le monde et pas forc\u00e9ment seulement \u00e0 une cat\u00e9gorie sociale, \u00e0 une cat\u00e9gorie d&#8217;\u00e2ge ou \u00e0 un genre. On ne pouvait pas faire seulement une histoire d&#8217;amour \u00e0 l&#8217;eau de rose qui ne plairait qu&#8217;aux femmes. On ne pouvait faire un roman qui traitait seulement de th\u00e8mes tr\u00e8s s\u00e9rieux, politiques et qui peut-\u00eatre int\u00e9resseraient moins les plus jeunes. Et donc, comme cela, dans les romans, on peut retrouver un petit m\u00e9lange de tous les diff\u00e9rents th\u00e8mes classiques, ce qui fait que d\u00e9j\u00e0, on ne s&#8217;ennuie pas et aussi, \u00e7a peut plaire \u00e0 tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bad\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:10:54', ts_id:'6927c9ad99bad', play_icon:'' }) ;\">[00:10:54]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, il y a aussi un m\u00e9lange en ce qui concerne les types de sc\u00e8nes. Vous le savez, dans les romans, il y a souvent des sc\u00e8nes de descriptions, des sc\u00e8nes avec beaucoup d&#8217;actions, des sc\u00e8nes de dialogues. Et ce qui est cool dans ces romans, c&#8217;est que tr\u00e8s vite, on passe d&#8217;un type de sc\u00e8ne \u00e0 une autre, ce qui fait qu&#8217;on peut \u00e0 la fois profiter de la po\u00e9sie d&#8217;une description et en m\u00eame temps, tr\u00e8s vite, se re-raccrocher \u00e0 un dialogue ; \u00eatre \u00e0 fond dans une sc\u00e8ne d&#8217;action, mais que celle-ci ne soit pas interminable. Et donc, pour notre g\u00e9n\u00e9ration qui est quand m\u00eame peu attentive, on en a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, on a un peu de mal \u00e0 rester attentif trop longtemps \u00e0 quelque chose qui est assez lent, \u00e7a, \u00e7a permet de ne jamais s&#8217;ennuyer et de vouloir continuer.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bb3\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:11:49', ts_id:'6927c9ad99bb3', play_icon:'' }) ;\">[00:11:49]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Toujours concernant le style d&#8217;\u00e9criture, les romans feuilleton ont en commun d&#8217;\u00eatre faciles \u00e0 lire. On peut dire que le style est fluide et le vocabulaire accessible. L&#8217;id\u00e9e \u00e9tant toujours de plaire au plus grand nombre et de faire en sorte que ces livres puissent \u00eatre lus \u00e0 voix haute \u00e0 toute la famille, \u00e0 toute la communaut\u00e9, m\u00eame aux personnes qui ne sont pas forc\u00e9ment tr\u00e8s \u00e9duqu\u00e9es. Alors c&#8217;est s\u00fbr que quand on lit ces romans \u00e0 l&#8217;heure actuelle, il peut y avoir du vocabulaire un peu compliqu\u00e9, mais c&#8217;est plut\u00f4t parce qu&#8217;il faut remettre certaines choses dans leur contexte de l&#8217;\u00e9poque et ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il y a une envie de po\u00e9sie, de mots compliqu\u00e9s, de tournure, qu&#8217;il faut relire plusieurs fois pour r\u00e9ussir, je ne sais pas, \u00e0 trouver le sujet, par exemple. Donc, on peut dire que m\u00eame si c&#8217;est des romans classiques aujourd&#8217;hui et que c&#8217;est de la tr\u00e8s bonne litt\u00e9rature, c&#8217;est quand m\u00eame facile \u00e0 lire. Et \u00e7a, je trouve que ce n&#8217;est pas mal pour vous, mais ce n&#8217;est aussi pas mal pour moi parce que des fois, j&#8217;ai envie tout simplement de m&#8217;amuser en lisant et pas de me prendre la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bb8\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:13:10', ts_id:'6927c9ad99bb8', play_icon:'' }) ;\">[00:13:10]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et enfin, une derni\u00e8re caract\u00e9ristique que je voulais \u00e9voquer et qui me pla\u00eet beaucoup personnellement, c&#8217;est que comme ces romans devaient s&#8217;int\u00e9grer au journal, il y a quand m\u00eame une grosse partie de portrait social. Parfois m\u00eame, il y a l&#8217;int\u00e9gration d&#8217;actualit\u00e9s. \u00c7a peut m\u00e9langer des r\u00e9alit\u00e9s sociales avec de la fiction. Les auteurs peuvent partir, par exemple, d&#8217;un fait divers ou d&#8217;un fait politique et de l\u00e0 inventer des personnages qui vont \u00e9voluer dans la soci\u00e9t\u00e9 de leur \u00e9poque et qui vont, par exemple, essayer d&#8217;enqu\u00eater sur le fait divers ou qui vont \u00eatre touch\u00e9s par un mouvement politique, etc. Et moi, je trouve \u00e7a tr\u00e8s int\u00e9ressant parce que quand on lit ces romans, en g\u00e9n\u00e9ral, on se retrouve vraiment plong\u00e9 dans la France du XIX\u1d49 si\u00e8cle. Je trouve que, par exemple, quand il y a des descriptions de Paris, on a l&#8217;impression de se balader dans le Paris d&#8217;hier. Quand il y a des descriptions de la campagne, on peut s&#8217;imaginer comment c&#8217;\u00e9tait de vivre dans la campagne fran\u00e7aise \u00e0 cette \u00e9poque. Et ce r\u00e9alisme fait que c&#8217;est tr\u00e8s int\u00e9ressant et c&#8217;est tr\u00e8s po\u00e9tique. Voil\u00e0, donc \u00e7a, c&#8217;est quelques caract\u00e9ristiques qui font que quand on lit ces romans classiques qui ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 de cette mani\u00e8re \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, on n&#8217;a pas envie de l\u00e2cher le livre et on apprend \u00e0 la fois des choses sur la France de l&#8217;\u00e9poque et en m\u00eame temps, on s&#8217;amuse, on passe un bon moment avec des histoires histoire qui m\u00e9langent plein de styles.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bbe\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:15:02', ts_id:'6927c9ad99bbe', play_icon:'' }) ;\">[00:15:02]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et en cela, on peut dire que les romans de cette \u00e9poque ressemblent pas mal aux s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9 d&#8217;aujourd&#8217;hui. Dans chaque \u00e9pisode, il se passe une petite intrigue, tout en ayant un fil conducteur entre tous les \u00e9pisodes. Il y a des rebondissements, il y a du suspense et c&#8217;est accessible au plus grand nombre, comme les s\u00e9ries aujourd&#8217;hui qui, je pense, ont la possibilit\u00e9 de r\u00e9unir un public tr\u00e8s divers, d&#8217;\u00e2ges diff\u00e9rents, de cat\u00e9gories sociales diff\u00e9rentes, etc. Et d&#8217;ailleurs, je pr\u00e9cise cela parce que \u00e7a me permet de vous pr\u00e9ciser un mot de vocabulaire actuel, puisque le feuilleton, aujourd&#8217;hui, quand on parle d&#8217;un feuilleton en fran\u00e7ais, on ne parle plus de cette partie dans le journal qui n&#8217;existe plus, mais on parle d&#8217;une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e qui passe tous les jours. Voil\u00e0. Par exemple, le grand feuilleton du moment en France, \u00e7a s&#8217;appelle <i>Plus belle la vie<\/i>, mais au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, il y en a eu beaucoup. Alors, ce n&#8217;est pas les s\u00e9ries type de Netflix, qu&#8217;on appelle des s\u00e9ries, mais quand on dit feuilleton, aujourd&#8217;hui, on veut vraiment parler de ces s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9 qui sont quotidiennes o\u00f9 il se passe plein de choses.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bc3\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:16:26', ts_id:'6927c9ad99bc3', play_icon:'' }) ;\">[00:16:26]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et c&#8217;est un mot qui m&#8217;est un peu d\u00e9suet aujourd&#8217;hui, mais je crois que dans les ann\u00e9es 90, par exemple, c&#8217;\u00e9tait un mot tr\u00e8s, tr\u00e8s utilis\u00e9. On pouvait entendre les gens dire : \u00ab Je vais regarder mon feuilleton \u00bb, \u00ab Moi, j&#8217;allume la t\u00e9l\u00e9 \u00e0 20h00 parce que c&#8217;est l&#8217;heure de mon feuilleton \u00bb. Donc voil\u00e0, c&#8217;est quand m\u00eame rest\u00e9 et on peut dire qu&#8217;il y a eu un fil conducteur des romans-feuilletons, jusqu&#8217;aux feuilletons des ann\u00e9es 90, jusqu&#8217;aux s\u00e9ries qu&#8217;on retrouve en streaming aujourd&#8217;hui. Voil\u00e0 pour cette partie. Et dans la troisi\u00e8me partie, je vais vous parler de mon auteur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 et vous citer trois romans en particulier que je vous recommande.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bc9\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:17:14', ts_id:'6927c9ad99bc9', play_icon:'' }) ;\">[00:17:14]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Il serait impossible de faire une liste exhaustive, une liste compl\u00e8te des romans qui ont d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s en feuilleton. D&#8217;ailleurs, vous avez s\u00fbrement d\u00e9j\u00e0 lu ou entendu parler de livres qui ont d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 des feuilletons sans le savoir. On peut citer, par exemple, les livres d&#8217;Alexandre Dumas, <i>Le Comte de Monte-Cristo<\/i>, <i>Les Trois Mousquetaires<\/i>. Il y a aussi \u00e9norm\u00e9ment de livres d&#8217;Honor\u00e9 de Balzac, qui a fait toute une s\u00e9rie en romans-feuilletons. Et vous avez peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 entendu parler de l&#8217;autrice George Sand, qui, \u00e9tant une femme, avait pris un nom de plume, un nom d&#8217;emprunt pour \u00e9crire. Et elle aussi, ses romans comme <i>La Petite Fadette<\/i> ont d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 des feuilletons. Alors, face \u00e0 cette densit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence, je me suis demand\u00e9 comment vous faire des recommandations. Et en fait, les meilleures recommandations sont toujours celles qui viennent avec le c\u0153ur. Et c&#8217;est pourquoi j&#8217;avais envie de me concentrer exclusivement sur mon auteur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Mon auteur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de cette \u00e9poque, je pr\u00e9cise.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bce\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:18:36', ts_id:'6927c9ad99bce', play_icon:'' }) ;\">[00:18:36]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a un \u00e9crivain que j&#8217;ai lu et beaucoup de fois, il ms&#8217;arrive souvent de relire ses romans parce qu&#8217;il me font quelque chose, vraiment, il me touchent particuli\u00e8rement. Cet \u00e9crivain, c&#8217;est \u00c9mile Zola. Son \u0153uvre est immense et ce que j&#8217;appr\u00e9cie le plus chez lui, c&#8217;est sa mani\u00e8re de montrer la soci\u00e9t\u00e9 de son \u00e9poque tout en racontant des histoires captivantes. Il se contente pas de d\u00e9crire des situations, mais il nous plonge vraiment dans une r\u00e9alit\u00e9 intense et d\u00e9taill\u00e9e. Il y a un vrai r\u00e9alisme dans ses romans qui fait que quand je les lis, pendant plusieurs semaines, j&#8217;ai l&#8217;impression de vivre \u00e0 cette \u00e9poque et dans ce lieu qu&#8217;il d\u00e9crit. D&#8217;ailleurs, faire un portrait r\u00e9aliste de la soci\u00e9t\u00e9, c&#8217;\u00e9tait son objectif quand il a entrepris son travail titanesque, son travail \u00e9norme avec la s\u00e9rie des Rougon-Macquart.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bd4\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:19:42', ts_id:'6927c9ad99bd4', play_icon:'' }) ;\">[00:19:42]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9rie des Rougon-Macqart, c&#8217;est un ensemble de 20 romans qu&#8217;\u00c9mile Zola a \u00e9crits entre 1870 et 1893. Et il a donn\u00e9 \u00e0 cette s\u00e9rie le sous-titre tr\u00e8s explicite de &#8220;Histoire culturelle et sociale d&#8217;une famille sous le Second Empire&#8221;. En fait, pendant ces 20 livres, on suit une famille sur plusieurs g\u00e9n\u00e9rations et dans chaque roman, il explore un milieu diff\u00e9rent. Par exemple, le monde ouvrier, la bourgeoisie, les commer\u00e7ants, les artistes, les financiers, etc. Il va chercher \u00e0 montrer tous les aspects de la soci\u00e9t\u00e9, les r\u00e9ussites, les injustices, les trahisons, la comp\u00e9tition, la richesse, la pauvret\u00e9, etc. En fait, ce qui est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant, c&#8217;est qu&#8217;on retrouve plein de th\u00e8mes qu&#8217;on pourrait encore retrouver aujourd&#8217;hui comme les in\u00e9galit\u00e9s sociales, l&#8217;exploitation des travailleurs, la domination des hommes sur les femmes, la recherche du pouvoir, etc. Je ne suis pas s\u00fbre que les 20 livres de la s\u00e9rie aient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s d&#8217;abord en feuilleton, mais en tout cas, il y en a plusieurs pour lesquels c&#8217;est le cas. Et j&#8217;en ai s\u00e9lectionn\u00e9 trois, trois livres que j&#8217;aime beaucoup qui, eux, j&#8217;en suis s\u00fbre, j&#8217;ai bien v\u00e9rifi ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es en feuilleton.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bd9\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:21:18', ts_id:'6927c9ad99bd9', play_icon:'' }) ;\">[00:21:18]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Alors, pour commencer, on a bien \u00e9videmment <i>Germinal<\/i>. <i>Germinal<\/i>, c&#8217;est s\u00fbrement le roman le plus connu de Zola. Il nous plonge dans l&#8217;univers des mines de charbon du Nord de la France au XIX\u1d49 si\u00e8cle. C&#8217;\u00e9tait un monde marqu\u00e9 par la pauvret\u00e9, la souffrance et l&#8217;injustice. Dans ce roman, on suit \u00c9tienne Lantier, un jeune ouvrier qui d\u00e9couvre les conditions de travail extr\u00eamement dures des mineurs et qui participe \u00e0 organiser une r\u00e9volte contre les propri\u00e9taires des mines. Ce roman d\u00e9crit avec force la solidarit\u00e9 entre les travailleurs, mais aussi les tensions, les d\u00e9sillusions et la violence des conflits sociaux. L\u00e0, Zola met en avant le r\u00f4le des premiers syndicats et la lutte pour des conditions de vie plus dignes. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, ce livre a \u00e9t\u00e9 vraiment salu\u00e9 par tous ceux qui d\u00e9fendaient les ouvriers et qui luttaient pour plus de justice sociale, mais \u00e7a avait \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9videmment beaucoup critiqu\u00e9 par les classes dirigeantes. Moi, ce que j&#8217;aime beaucoup dans ce livre, d\u00e9j\u00e0, c&#8217;est que c&#8217;est un roman qui est tr\u00e8s poignant, qui est certes tr\u00e8s dur \u00e0 lire, mais qui est tr\u00e8s important, je pense, parce qu&#8217;on ressent ce que pouvaient ressentir les ouvriers \u00e0 l&#8217;\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bdf\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:22:45', ts_id:'6927c9ad99bdf', play_icon:'' }) ;\">[00:22:45]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est extr\u00eamement violent, dur, mais en m\u00eame temps, il y a aussi de la tendresse. Comme je vous le disais plus t\u00f4t, il n&#8217;y a jamais juste un th\u00e8me qui est abord\u00e9. Il y a aussi une histoire d&#8217;amour, il y des histoires de relations entre les personnes qui sont tr\u00e8s belles. Et je trouve que pour le coup, on a une description des mines \u00e0 cette \u00e9poque qui est tellement r\u00e9aliste qu&#8217;on se trouve plong\u00e9 dedans, tout en ayant une r\u00e9flexion assez intellectuelle sur la r\u00e9volution industrielle, sur le capitalisme, sur les relations entre les travailleurs et les ouvriers. Et m\u00eame si, \u00e9videmment, les choses ont \u00e9norm\u00e9ment chang\u00e9, \u00e7a reste des r\u00e9flexions qui sont int\u00e9ressantes pour la soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;aujourd&#8217;hui. Donc, un vrai m\u00e9lange entre \u00e9motion dure, tendresse et r\u00e9flexion intellectuelle.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99bf6\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:23:46', ts_id:'6927c9ad99bf6', play_icon:'' }) ;\">[00:23:46]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Alors <i>Germinal<\/i>, c&#8217;est un des premiers livres si on suit la chronologie de la famille des Rougon-Macquart. C&#8217;est le troisi\u00e8me livre de la s\u00e9rie si on prend les livres pas dans l&#8217;ordre d&#8217;\u00e9criture, mais dans l&#8217;ordre de l&#8217;arbre g\u00e9n\u00e9alogique. Un peu plus loin, deux livres plus loin, on a le livre <i>Au bonheur des dames<\/i>. Le livre <i>Au bonheur des dames<\/i>, c&#8217;est un vrai doudou pour moi. Un \u00ab doudou \u00bb, c&#8217;est comme \u00e7a qu&#8217;on appelle les peluches que les enfants ont dans leur lit et qui les r\u00e9confortent.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c00\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:24:23', ts_id:'6927c9ad99c00', play_icon:'' }) ;\">[00:24:23]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est un livre que j&#8217;aime beaucoup relire, que j&#8217;\u00e9coute parfois en audiobook et qui me fait beaucoup sourire. Donc, dans <i>Au bonheur des dames<\/i>, on suit la vie de Denise, une jeune provinciale qui se retrouve \u00e0 devoir chercher un travail \u00e0 Paris et elle trouve du travail dans un grand magasin. Les grands magasins, aujourd&#8217;hui, il y en a encore quelques vestiges \u00e0 Paris. C&#8217;est par exemple Le Printemps, Les Galeries Lafayette ou encore La Samaritaine qui a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9e et r\u00e9ouvert. Mais \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de Denise, c&#8217;est le tout d\u00e9but de ces grands magasins et on va observer cette nouveaut\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 travers les yeux de cette petite provinciale qui est tr\u00e8s na\u00efve au d\u00e9but et qui va apprendre \u00e0 \u00e9voluer et \u00e0 devenir adulte dans ce monde. Les grands magasins, \u00e7a repr\u00e9sente le d\u00e9but de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, \u00e7a repr\u00e9sente la mort progressive des petits commer\u00e7ants et l&#8217;arriv\u00e9e dans un monde, dans une ville de Paris, avec un autre visage par rapport au Paris plus ancien et un peu moins effervescent.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c05\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:25:46', ts_id:'6927c9ad99c05', play_icon:'' }) ;\">[00:25:46]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et en fait, en tant que lecteur, on se retrouve comme Denise \u00e0 avoir une esp\u00e8ce de fascination critique pour ce monde. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, on se dit que c&#8217;est un monde tr\u00e8s injuste, avec des luttes de pouvoir qui sont assez \u00e9go\u00efstes, o\u00f9 chacun veut prendre sa place et o\u00f9 il y a beaucoup de superficialit\u00e9, mais en m\u00eame temps, on est assez fascin\u00e9 parce que \u00e7a a l&#8217;air d&#8217;\u00eatre magnifique. Il y a des tissus de toutes les couleurs, il y a des dames extr\u00eamement bien habill\u00e9es, il y a des accessoires \u00e0 la confection tr\u00e8s pr\u00e9cises. Et donc, moi qui dans ma jeunesse ai ador\u00e9 me balader dans Paris, faire les magasins, m&#8217;acheter des nouveaux v\u00eatements et qui, aujourd&#8217;hui, ait un \u0153il un peu plus critique sur cette surconsommation, je retrouve ce sentiment ambivalent qui fait qu&#8217;\u00e0 la fois, j&#8217;ai trop envie de me balader dans ces grands magasins, d&#8217;acheter des belles robes, de moi aussi participer aux intrigues entre tous les vendeurs. Il y a des intrigues amoureuses. Il y a des intrigues sociales comme \u00e7a qui sont assez d\u00e9licieuses, mais en m\u00eame temps avec un \u0153il critique de toutes ces injustices et de la vision d&#8217;un monde qui est en train de s&#8217;\u00e9crouler avec beaucoup de personnes qui vont perdre leur commerce et des relations hi\u00e9rarchiques qui ne sont pas tr\u00e8s saines entre les employeurs et les employ\u00e9s. C&#8217;est un de mes romans pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, que j&#8217;aime beaucoup relire.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c0a\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:27:33', ts_id:'6927c9ad99c0a', play_icon:'' }) ;\">[00:27:33]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et enfin, j&#8217;aimerais terminer rapidement sur une troisi\u00e8me recommandation d&#8217;\u00c9mile Zola. Et c&#8217;est pour vous montrer aussi qu&#8217;\u00c9mile Zola, pour son \u00e9poque, est un auteur qui donne une vraie place aux personnages f\u00e9minins. Il ne les met pas en arri\u00e8re-plan, il ne les met pas juste comme la femme dans l&#8217;histoire d&#8217;un homme, mais il leur donne une importance centrale et il montre surtout diff\u00e9rentes r\u00e9alit\u00e9s. Ils ne montrent pas seulement une classe sociale, il ne montre pas seulement la femme en tant qu&#8217;\u00e9pouse, mais il montre toutes les r\u00e9alit\u00e9s sociales qu&#8217;elles peuvent avoir. Alors, apr\u00e8s vous avoir parl\u00e9 de <i>Au bonheur des dames<\/i> et de cette petite provinciale qui travaille \u00e0 Paris, j&#8217;aimerais vous parler du livre <i>Nana<\/i>. Le livre <i>Nana<\/i>, c&#8217;est un roman qui raconte l&#8217;histoire d&#8217;une femme qui est une semi-mondaine, on peut dire aussi une courtisane, une femme qui vit gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;argent des hommes qu&#8217;elle s\u00e9duit, mais pas de mani\u00e8re machiav\u00e9lique, il y a un jeu qui se sait \u00e0 cette \u00e9poque de mondanit\u00e9 o\u00f9 certains hommes entretiennent certaines femmes. Et elle, Nana, c&#8217;est une jeune femme qui est tr\u00e8s demand\u00e9e. Elle est actrice de th\u00e9\u00e2tre, elle commence \u00e0 devenir c\u00e9l\u00e8bre. Et en fait, on va suivre le parcours de cette femme qui va essayer de se cr\u00e9er la meilleure vie pour elle-m\u00eame dans un monde o\u00f9 elle est \u00e0 la fois m\u00e9pris\u00e9e et admir\u00e9e. C&#8217;est une femme qui est tr\u00e8s touchante et autour de laquelle gravite \u00e9norm\u00e9ment d&#8217;autres personnages, donc finalement, \u00e7a donne un roman o\u00f9 on suit plein de mondes diff\u00e9rents. Je trouve qu&#8217;il y a un c\u00f4t\u00e9 assez fascinant. Et l\u00e0 aussi, on se retrouve bien plong\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9 parisienne de l&#8217;\u00e9poque, avec les th\u00e9\u00e2tres, les soir\u00e9es mondaines, les d\u00eeners, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c14\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:29:43', ts_id:'6927c9ad99c14', play_icon:'' }) ;\">[00:29:43]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Je vais m&#8217;arr\u00eater l\u00e0 avec mes conseils et dans une toute derni\u00e8re partie, je vais prendre cinq minutes pour vous lire un petit extrait d&#8217;un des romans que je viens de citer. Il s&#8217;agit de l&#8217;incipit, c&#8217;est-\u00e0-dire le tout d\u00e9but du livre <i>Au bonheur des dames<\/i>, qui, je trouve, permet d&#8217;\u00eatre plong\u00e9 directement face \u00e0 ces grands magasins dont je vous parlais. Alors, je vous dis \u00e0 tr\u00e8s bient\u00f4t. Vous pouvez continuer si vous voulez \u00e9couter cet extrait, sinon c&#8217;est la fin du podcast \u00e0 proprement parler. N&#8217;h\u00e9sitez pas \u00e0 me dire ce que vous en avez pens\u00e9 dans les commentaires et \u00e0 votre tour, peut-\u00eatre, \u00e0 conseiller des livres. Salut, salut et bonne lecture.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c19\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:30:38', ts_id:'6927c9ad99c19', play_icon:'' }) ;\">[00:30:38]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Denise \u00e9tait venue \u00e0 pied de la gare Saint-Lazare o\u00f9 un train de Cherbourg l&#8217;avait d\u00e9barqu\u00e9 avec ses deux fr\u00e8res apr\u00e8s une nuit pass\u00e9e sur la dure banquette d&#8217;un wagon de troisi\u00e8me classe. Elle tenait par la main P\u00e9p\u00e9 et Jean la suivait.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c1e\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:30:54', ts_id:'6927c9ad99c1e', play_icon:'' }) ;\">[00:30:54]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Tous les trois bris\u00e9s du voyage, effar\u00e9s et perdus au milieu du vaste Paris, le nez d\u00e9vou\u00e9e sur les maisons, demandant \u00e0 chaque carrefour la rue de la Michaudi\u00e8re dans laquelle leur oncle Baudu demeurait. Mais comme elle d\u00e9bouchait enfin sur la place Gaillon, la jeune fille s&#8217;arr\u00eata nette de surprise.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c24\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:31:14', ts_id:'6927c9ad99c24', play_icon:'' }) ;\">[00:31:14]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oh, dit-elle. Regarde un peu, Jean !<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c2d\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:31:18', ts_id:'6927c9ad99c2d', play_icon:'' }) ;\">[00:31:18]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Et ils rest\u00e8rent plant\u00e9s, serr\u00e9s les uns contre les autres, tout en noir, achevant les vieux v\u00eatements du deuil de leur p\u00e8re. Elle, ch\u00e9tive pour ses 20 ans, l&#8217;air pauvre, portait un l\u00e9ger paquet, tandis que de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9, le petit fr\u00e8re, \u00e2g\u00e9 de cinq ans, se pendait \u00e0 son bras et que derri\u00e8re son \u00e9paule, le grand fr\u00e8re, dont les seize ans superbes florissaient, \u00e9tait debout, les mains ballantes.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c32\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:31:47', ts_id:'6927c9ad99c32', play_icon:'' }) ;\">[00:31:47]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ah bien, reprit-elle apr\u00e8s un silence. En voil\u00e0 un magasin !<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c37\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:31:52', ts_id:'6927c9ad99c37', play_icon:'' }) ;\">[00:31:52]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;\u00e9tait \u00e0 l&#8217;encoignure de la rue de la Michaudi\u00e8re et de la rue Neuve Saint-Augustin, un magasin de nouveaut\u00e9 dont les \u00e9talages \u00e9clataient en notes vives dans la douce et p\u00e2le journ\u00e9e d&#8217;octobre. Huit heures sonnaient \u00e0 Saint-Roch. Il n&#8217;y avait sur les trottoirs que le Paris Matinal, les employ\u00e9s filant \u00e0 leur bureau et les m\u00e9nag\u00e8res courant les boutiques. Devant la porte, deux commis, mont\u00e9s sur une \u00e9chelle double, finissaient de pendre des lainages, tandis que, dans une vitrine de la rue Neuve Saint-Augustin, un autre commis, agenouill\u00e9 et le dos tourn\u00e9, lissait d\u00e9licatement une pi\u00e8ce de soie bleue. Le magasin, vide encore de clientes et o\u00f9 le personnel arrivait \u00e0 peine, bourdonnait \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur comme une ruche qui s&#8217;\u00e9veille.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c3d\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:32:43', ts_id:'6927c9ad99c3d', play_icon:'' }) ;\">[00:32:43]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Fichtre, dit Jean, \u00e7a enfonce Valogne. Le tien n&#8217;\u00e9tait pas si beau.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c42\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:32:48', ts_id:'6927c9ad99c42', play_icon:'' }) ;\">[00:32:48]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Denise hocha la t\u00eate. Elle avait pass\u00e9 deux ans l\u00e0-bas, chez Cornaille, le premier marchand de nouveaut\u00e9s de la ville ; et ce magasin, rencontr\u00e9 brusquement, cette maison \u00e9norme pour elle, lui gonflait le c\u0153ur, la retenait, \u00e9mue, int\u00e9ress\u00e9e, oublieuse du reste. Dans le pan coup\u00e9 donnant sur la place Gaillon, la haute porte, toute en glace, montait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019entresol, au milieu d\u2019une complication d\u2019ornements, charg\u00e9s de dorures. Deux figures all\u00e9goriques, deux femmes riantes, la gorge nue et renvers\u00e9e, d\u00e9roulaient l\u2019enseigne : Au Bonheur des Dames. Puis, les vitrines s\u2019enfon\u00e7aient, longeaient la rue de la Michodi\u00e8re et la rue Neuve-Saint-Augustin, o\u00f9 elles occupaient, outre la maison d\u2019angle, quatre autres maisons, deux \u00e0 gauche, deux \u00e0 droite, achet\u00e9es et am\u00e9nag\u00e9es r\u00e9cemment. C\u2019\u00e9tait un d\u00e9veloppement qui lui semblait sans fin, dans la fuite de la perspective, avec les \u00e9talages du rez-de-chauss\u00e9e et les glaces sans tain de l\u2019entresol, derri\u00e8re lesquelles on voyait toute la vie int\u00e9rieure des comptoirs. En haut, une demoiselle, habill\u00e9e de soie, taillait un crayon, pendant que, pr\u00e8s d\u2019elle, deux autres d\u00e9pliaient des manteaux de velours.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c47\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:34:12', ts_id:'6927c9ad99c47', play_icon:'' }) ;\">[00:34:12]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Au Bonheur des Dames, lut Jean avec son rire tendre de bel adolescent, qui avait eu d\u00e9j\u00e0 une histoire de femme \u00e0 Valognes. Hein ? c\u2019est gentil, c\u2019est \u00e7a qui doit faire courir le monde !<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c50\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:34:26', ts_id:'6927c9ad99c50', play_icon:'' }) ;\">[00:34:26]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Mais Denise demeurait absorb\u00e9e, devant l\u2019\u00e9talage de la porte centrale. Il y avait l\u00e0, au plein air de la rue, sur le trottoir m\u00eame, un \u00e9boulement de marchandises \u00e0 bon march\u00e9, la tentation de la porte, les occasions qui arr\u00eataient les clientes au passage. Cela partait de haut, des pi\u00e8ces de lainage et de draperie, m\u00e9rinos, cheviottes, molletons, tombaient de l\u2019entresol, flottantes comme des drapeaux, et dont les tons neutres, gris ardoise, bleu marine, vert olive, \u00e9taient coup\u00e9s par les pancartes blanches des \u00e9tiquettes. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, encadrant le seuil, pendaient \u00e9galement des lani\u00e8res de fourrure, des bandes \u00e9troites pour garnitures de robe, la cendre fine des dos de petit-gris, la neige pure des ventres de cygne, les poils de lapin de la fausse hermine et de la fausse martre.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c56\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:35:20', ts_id:'6927c9ad99c56', play_icon:'' }) ;\">[00:35:20]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Puis, en bas, dans des casiers, sur des tables, au milieu d&#8217;un empilement de coupons, d\u00e9bordaient des articles de bonneterie vendus pour rien, gants et fichus de laine tricot\u00e9e, capuline, gilet, tout un \u00e9talage divers aux couleurs bariol\u00e9es, chin\u00e9es, ray\u00e9es, avec des taches saignantes de rouge.<\/p>\n\n\n\n<p><b><a id=\"sonaar_ts-6927c9ad99c5b\" class=\"srmp3_sonaar_ts_shortcode\"  style=\"\" href=\"javascript:sonaar_ts_shortcode({ trackid:'0', time:'00:35:43', ts_id:'6927c9ad99c5b', play_icon:'' }) ;\">[00:35:43]<\/a>&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>Denise vit une tartanelle \u00e0 0,45, des bandes de visons d&#8217;Am\u00e9rique \u00e0 un franc et des mitaines \u00e0 cinq sous. C&#8217;\u00e9tait un d\u00e9ballage g\u00e9ant de foire. Le magasin semblait crever et jeter son semblait crev\u00e9 et jetait son trop-plein \u00e0 la rue.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Des livres qu&#8217;on d\u00e9vore comme des s\u00e9ries. &nbsp; Bonjour \u00e0 toutes et \u00e0 tous et bienvenue dans ce nouvel \u00e9pisode. Aujourd&#8217;hui, on se retrouve pour un \u00e9pisode solo dans lequel je vais vous parler de litt\u00e9rature. Plus exactement, j&#8217;aimerais vous pr\u00e9senter un certain type de roman qui me pla\u00eet beaucoup. Il s&#8217;agit des romans-feuilletons&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"author":17608,"featured_media":289718,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":[190],"meta":{"_acf_changed":false,"_kad_blocks_custom_css":"","_kad_blocks_head_custom_js":"","_kad_blocks_body_custom_js":"","_kad_blocks_footer_custom_js":"","_kad_post_transparent":"","_kad_post_title":"","_kad_post_layout":"","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"","_kad_post_vertical_padding":"","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":"","footnotes":""},"categories":[168],"tags":[177,175,180],"class_list":["post-289608","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-podcast","tag-culture","tag-france","tag-histoire","format-solo-ingrid"],"acf":[],"taxonomy_info":{"category":[{"value":168,"label":"Podcast"}],"post_tag":[{"value":177,"label":"Culture"},{"value":175,"label":"France"},{"value":180,"label":"Histoire"}],"format":[{"value":190,"label":"Solo Ingrid"}]},"featured_image_src_large":["https:\/\/innerfrench.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Romans-feuilletons-750x400.jpg",750,400,true],"author_info":{"display_name":"Ingrid","author_link":"https:\/\/innerfrench.com\/author\/ingrid_temp\/"},"comment_info":19,"category_info":[{"term_id":168,"name":"Podcast","slug":"podcast","term_group":0,"term_taxonomy_id":168,"taxonomy":"category","description":"","parent":0,"count":185,"filter":"raw","cat_ID":168,"category_count":185,"category_description":"","cat_name":"Podcast","category_nicename":"podcast","category_parent":0}],"tag_info":[{"term_id":177,"name":"Culture","slug":"culture","term_group":0,"term_taxonomy_id":177,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":44,"filter":"raw"},{"term_id":175,"name":"France","slug":"france","term_group":0,"term_taxonomy_id":175,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":100,"filter":"raw"},{"term_id":180,"name":"Histoire","slug":"histoire","term_group":0,"term_taxonomy_id":180,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":35,"filter":"raw"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/289608","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17608"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=289608"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/289608\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":292788,"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/289608\/revisions\/292788"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/media\/289718"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=289608"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=289608"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=289608"},{"taxonomy":"format","embeddable":true,"href":"https:\/\/innerfrench.com\/wp-json\/wp\/v2\/format?post=289608"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}